Le cours sur la réglementation a fixé les règles de la VHF : licence, veille du 16, mots de détresse. Reste à savoir s'en servir : régler le poste, appeler une capitainerie, épeler son nom, et se taire quand il faut.
Régler le poste
- Allumer et choisir le canal : 16 en veille, le canal de travail pour parler.
- Puissance : 1 W (low) au port et pour un bateau proche, 25 W (high) au large ou pour la détresse. Un portatif se limite à 5 ou 6 W.
- Squelch (silencieux) : le tourner jusqu'à ce que le souffle disparaisse, pas plus, sinon on n'entend plus les stations faibles.
- Volume à un niveau audible depuis le poste de barre.
- Double veille (dual watch) : le poste alterne entre le 16 et le canal choisi.
- Pour émettre, appuyer sur la pédale (PTT), attendre une demi-seconde, parler lentement et distinctement à 5 cm du micro, puis relâcher : tant que la pédale est enfoncée, on n'entend personne.
Appeler une station
Un appel ordinaire suit toujours la même grille :
Puis la station répond :
Et l'on bascule tous les deux sur le 9 pour parler. Le nom appelé se dit une à trois fois selon la qualité de la liaison ; le sien aussi. On ne reste pas sur le 16 pour la conversation : le 16 sert à appeler, pas à discuter. Les ports veillent le plus souvent directement sur leur canal (9 en plaisance), que l'on peut appeler sans passer par le 16.
Les mots de procédure
| Mot | Sens |
|---|---|
| Ici | Introduit le nom de celui qui parle |
| À vous | J'ai fini de parler, je vous écoute |
| Reçu | J'ai compris votre message |
| Répétez | Je n'ai pas compris, redites |
| Affirmatif / Négatif | Oui / non |
| Terminé | Fin de la communication, je libère le canal |
| Silence mayday | Ordre de silence du CROSS ou du navire en détresse |
| Silence fini | Fin du silence radio |
Pour épeler, on utilise l'alphabet phonétique international : _Alpha, Bravo, Charlie, Delta, Echo, Foxtrot, Golf, Hotel, India, Juliett, Kilo, Lima, Mike, November, Oscar, Papa, Quebec, Romeo, Sierra, Tango, Uniform, Victor, Whiskey, X-ray, Yankee, Zulu_. Les chiffres se prononcent un par un et de façon marquée (« unité », « trois », « zéro »).
Quand on entend une détresse
Si un MAYDAY passe sur le 16 :
- Écouter et noter : nom du navire, position, nature de la détresse.
- Ne pas émettre : le CROSS ou une station côtière répond en priorité et peut imposer le « silence mayday ».
- Si personne ne répond après un moment raisonnable et que vous êtes à portée, accuser réception (« _MAYDAY, nom du navire en détresse ×3, ici nom de votre navire ×3, reçu MAYDAY_ ») puis relayer au CROSS.
- Si vous captez une détresse que les secours n'entendent visiblement pas, lancer un MAYDAY RELAY (×3) en reprenant les informations du navire en détresse.
- Vous diriger vers le lieu si vous pouvez aider sans vous mettre en danger.
Pour l'alerte ASN, le poste sonne et affiche le MMSI, la position et la nature de la détresse. On n'accuse pas réception par ASN depuis un navire de plaisance (c'est le rôle des stations côtières), on écoute le 16 et on agit comme ci-dessus.
Les bonnes habitudes
- Portée : l'horizon radio. Antenne haute = portée longue ; un portatif à 1 m de l'eau porte 5 milles, un fixe avec antenne de mât 20 à 30 milles.
- Faire un essai avant de partir, sur le canal du port, brièvement.
- Garder le manuel et la liste des canaux près du poste, avec le MMSI et l'indicatif inscrits en gros.
- Apprendre aux équipiers à envoyer un MAYDAY : le chef de bord est parfois celui qui est tombé à l'eau. Une fiche plastifiée près de la VHF suffit.