L'amiral Beaufort a inventé son échelle en 1805 pour décrire le vent sans instrument, par ses effets sur la mer et sur les voiles. Deux siècles plus tard, les bulletins parlent encore en « forces » et l'examen attend que vous les traduisiez en nœuds et en vagues.
L'échelle de Beaufort
| Force | Terme | Vent moyen (nœuds) | Aspect de la mer |
|---|---|---|---|
| 0 | Calme | moins de 1 | Mer d'huile |
| 1 | Très légère brise | 1 à 3 | Rides en écailles |
| 2 | Légère brise | 4 à 6 | Vaguelettes, crêtes lisses |
| 3 | Petite brise | 7 à 10 | Très petites vagues, quelques moutons |
| 4 | Jolie brise | 11 à 16 | Petites vagues, moutons nombreux |
| 5 | Bonne brise | 17 à 21 | Vagues modérées, embruns |
| 6 | Vent frais | 22 à 27 | Grosses vagues, crêtes d'écume blanche, embruns |
| 7 | Grand frais | 28 à 33 | Lames déferlantes, traînées d'écume dans le lit du vent |
| 8 | Coup de vent | 34 à 40 | Lames hautes, tourbillons d'écume |
| 9 | Fort coup de vent | 41 à 47 | Grosses lames, visibilité réduite par les embruns |
| 10 | Tempête | 48 à 55 | Très grosses lames, mer blanche |
| 11 | Violente tempête | 56 à 63 | Lames exceptionnellement hautes |
| 12 | Ouragan | 64 et plus | Air plein d'écume, visibilité presque nulle |
Les bulletins regroupent parfois les forces : vent faible (0 à 2), modéré (3 à 5), assez fort (6), fort (7 à 8), très fort (9), violent (10 et plus).
Quelle force pour un bateau de plaisance ?
Il n'existe pas de limite légale, mais la catégorie de conception du navire en donne une (D : force 4 ; C : force 6 ; B : force 8) et le bon sens une autre :
- jusqu'à force 3, tout bateau sort ;
- force 4, les petits bateaux à moteur (moins de 6 m) tapent et mouillent ;
- force 5, c'est la limite raisonnable d'un bateau de plaisance côtier à moteur ; la mer devient fatigante et les embruns constants ;
- force 6 et plus, on reste au port avec un bateau de moins de 8 m. C'est aussi le seuil où la Société nationale de sauvetage en mer voit arriver l'essentiel de ses interventions estivales.
Le vent se juge aussi par rapport au trajet : un vent de terre (offshore) aplatit la mer près de la côte mais pousse au large un bateau en panne ; un vent de mer (onshore) lève une mer plus formée sur la plage et rend les entrées de port dangereuses.
L'état de la mer : échelle de Douglas
| Degré | Terme | Hauteur significative des vagues |
|---|---|---|
| 0 | Calme | 0 m |
| 1 | Ridée | 0 à 0,1 m |
| 2 | Belle | 0,1 à 0,5 m |
| 3 | Peu agitée | 0,5 à 1,25 m |
| 4 | Agitée | 1,25 à 2,5 m |
| 5 | Forte | 2,5 à 4 m |
| 6 | Très forte | 4 à 6 m |
| 7 | Grosse | 6 à 9 m |
| 8 | Très grosse | 9 à 14 m |
| 9 | Énorme | plus de 14 m |
La hauteur significative est la moyenne du tiers des vagues les plus hautes. Une vague sur mille atteint presque le double.
Vent, courant et houle
- Vent contre courant : la mer se creuse et se raccourcit ; c'est le cas dans les passages à fort courant (raz, goulets) et aux embouchures à la marée descendante. Mieux vaut attendre la renverse.
- Vent contre houle : mer croisée et désordonnée, pénible et dangereuse pour les petits bateaux.
- Houle longue (période de plus de 12 s) : elle semble inoffensive au large mais déferle violemment sur les hauts-fonds et dans les entrées de port peu profondes.
- Une mer formée se prend en biais, à vitesse réduite, jamais par le travers où le bateau roule et risque de chavirer, ni trop vite de face où il tape et plonge.