Le plaisancier est le premier témoin de l'état de la mer et le premier à pouvoir l'abîmer. Quelques règles s'imposent : certaines sont des lois, d'autres relèvent du bon sens. L'examen pose les deux.
Les déchets
- Aucun déchet solide ne part à la mer : plastiques, verre, métal, mais aussi mégots, restes de repas et emballages dits biodégradables. La convention MARPOL interdit tout rejet de plastique partout et tout autre rejet près des côtes.
- On stocke à bord et on trie au port, où des conteneurs sont à disposition.
- Un mégot contient des substances qui polluent plusieurs centaines de litres d'eau : le cendrier de bord n'est pas un gadget.
Les eaux noires et les eaux grises
- Les eaux noires (toilettes) ne se rejettent jamais au port, ni dans la bande des 3 milles. Les navires construits depuis 2008 sont équipés d'une cuve de rétention ou d'un système de traitement. On vidange la cuve à une station de pompage du port ou au large, au-delà de 3 milles (12 milles sans traitement).
- Les eaux grises (vaisselle, douche) ne sont pas réglementées de la même façon, mais on choisit des produits sans phosphates et on évite de les rejeter au mouillage.
- Dans certaines zones de mouillage organisé, une cuve est exigée pour obtenir une place.
Les hydrocarbures
Le rejet d'hydrocarbures est interdit et lourdement sanctionné. En pratique :
- faire le plein sans débordement, avec un chiffon et un absorbant ;
- vérifier l'absence de fuite dans la cale moteur ; une cale souillée ne se pompe pas à la mer, elle s'absorbe avec des feuilles ou des boudins absorbants ;
- caréner sur une aire de carénage équipée d'un bac de récupération, jamais sur l'estran ni au mouillage ;
- choisir un antifouling peu toxique et le poncer avec aspiration.
Le mouillage et les fonds
L'ancre et sa chaîne labourent le fond sur plusieurs mètres à chaque coup de vent. Sur un herbier, elles arrachent des plantes qui mettent des décennies à repousser.
- La posidonie (Méditerranée) est une plante protégée depuis 1988. Les arrêtés du préfet maritime interdisent le mouillage des grands navires sur les herbiers et imposent partout de l'éviter : on repère le sable clair depuis la surface et l'on mouille là.
- Les zostères (Atlantique, Manche) jouent le même rôle et méritent la même attention.
- Dans les zones de mouillage et d'équipements légers (ZMEL), on prend une bouée et l'on ne mouille pas sur ancre à côté.
- Dans les parcs nationaux et réserves (Port-Cros, Calanques, Iroise, Scandola), le mouillage est réglementé zone par zone : on consulte le règlement avant d'arriver.
La faune
- Les mammifères marins (dauphins, baleines, phoques) sont protégés. Dans les aires marines protégées, l'approche à moins de 100 mètres est interdite ; partout, on ralentit, on garde une route stable, on ne les poursuit pas et on ne les encercle pas. Si des dauphins viennent à l'étrave, c'est eux qui choisissent.
- Les oiseaux nicheurs des îlots (sternes, macareux, cormorans) s'envolent si l'on approche trop près et laissent leurs œufs au froid ou aux goélands : on reste à distance des colonies, surtout de mars à juillet.
- Les phoques au repos sur les bancs de sable s'enfuient dans l'eau et épuisent leurs jeunes : même règle, 100 mètres et moteur au ralenti.
- La pêche de loisir respecte les tailles minimales et les quotas de capture, et marque les poissons par l'ablation d'un bout de la nageoire caudale pour empêcher leur vente.