Thème 03 · section 6

Balises de détresse et moyens de localisation

4 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 3 sources officielles citées

Quand la VHF ne porte plus ou que l'équipage a quitté le bord, d'autres équipements prennent le relais : la balise qui alerte par satellite, le répondeur radar et l'AIS-SART qui guident les secours jusqu'au radeau, l'AIS qui rend le navire visible des autres. L'examen vérifie que l'on connaît leurs fréquences, leurs rôles et leurs limites.

La radiobalise de localisation des sinistres (RLS, EPIRB)

La RLS (EPIRB, emergency position indicating radio beacon) est la balise de détresse du navire. Déclenchée, elle émet :

  • sur 406 MHz un message numérique reçu par les satellites Cospas-Sarsat (géostationnaires, défilants et MEO), qui portent l'alerte au FMCC de Toulouse puis au CROSS compétent (le CROSS Gris-Nez centralise pour la métropole) ;
  • sur 121,5 MHz un signal de radiorepérage (homing) que les aéronefs et navires de secours suivent jusqu'à la balise ; certains modèles ajoutent un AIS et un flash.
CaractéristiqueValeur
CodageCode hexadécimal de 15 caractères, programmé par un professionnel, lié au MMSI ; inscrit sur la licence avec une fiche de codage
Autonomie48 heures au moins
Étanchéité10 m
Précision1 à 2 milles sans GPS ; quelques dizaines de mètres avec GPS intégré
DéclenchementManuel ; automatique par largueur hydrostatique pour une balise de navire, qui s'éjecte de son conteneur sous 1,5 à 4 m d'eau et flotte
EssaiAutotest intégré, qui n'émet pas d'alerte ; dates de la batterie (environ 5 ans) et du largueur à surveiller
ObligationNavigation hauturière, au-delà de 60 milles d'un abri (division 240)

Les balises de survie sont portables et déclenchées à la main dans le radeau ; les balises de navire sont fixées dans un conteneur à largueur. Toute balise est enregistrée à l'ANFR : sans enregistrement, le CROSS reçoit une alerte anonyme et perd un temps précieux.

La balise personnelle (PLB)

La PLB (personal locator beacon) est une balise individuelle, portée sur le gilet, qui émet comme une RLS sur 406 MHz et 121,5 MHz. Pour être inscrite sur la licence et codée avec le MMSI du navire, elle doit être de type maritime : étanche, flottante sans housse, avec GPS, marquage CE et agrément Cospas-Sarsat. Elle s'active à la main ; son antenne doit être déployée verticalement, hors de l'eau. Son autonomie est moindre que celle d'une RLS (24 heures en général).

Le répondeur radar (SART)

Le SART (search and rescue radar transponder) est un petit émetteur-récepteur en SHF, dans la bande des radars de navigation (9 GHz, bande X). Il répond aux impulsions des radars des secours : sur leur écran, le radeau apparaît comme 12 points alignés vers le centre, qui deviennent des arcs puis des cercles concentriques quand le sauveteur approche. Il porte à 5 milles environ d'un navire, bien plus d'un aéronef. Autonomie : 96 heures en veille, puis 8 heures d'émission continue une fois sollicité. On le fixe le plus haut possible dans le radeau.

L'AIS-SART et la balise MOB-AIS

L'AIS-SART remplit le même rôle de localisation en émettant, sur les voies AIS, sa position GPS et son identifiant (970…), pendant 96 heures au moins : il apparaît comme une cible signalée sur l'écran AIS de tout navire proche. La balise MOB-AIS (identifiant 972…), portée sur le gilet, se déclenche au gonflage et signale une personne à l'eau aux navires à portée VHF, le sien en premier ; les balises EPIRB-AIS utilisent l'identifiant 974…. Ces identifiants sont codés en usine : ce ne sont pas des MMSI, mais ils figurent sur la licence.

L'AIS

Le système d'identification automatique (AIS) échange automatiquement, par VHF sur 161,975 MHz (AIS 1) et 162,025 MHz (AIS 2), l'identité (MMSI, nom, indicatif), la position, la route et la vitesse des navires, entre eux et avec la terre. Sa portée est celle de la VHF, 20 à 40 milles.

ClasseNaviresCaractéristiques
Classe ANavires soumis à SOLAS (commerce, passagers)Émission fréquente, 12,5 W, prioritaire
Classe BPlaisance, pêche, petits naviresÉmission moins fréquente, 2 W (5 W en B+)

Un émetteur-récepteur AIS est codé avec le MMSI du navire et inscrit sur la licence ; un simple récepteur AIS ne se code pas et n'exige rien. L'AIS est un outil anticollision et de surveillance : il ne fait pas partie du SMDSM, même si les CROSS l'utilisent pour suivre le trafic et localiser un navire en détresse qui en est équipé.

À retenir

  1. La radiobalise de localisation des sinistres (RLS, EPIRB en anglais) émet sur 406 MHz vers les satellites Cospas-Sarsat et sur 121,5 MHz pour le radiorepérage final ; l'alerte passe par le FMCC de Toulouse puis le CROSS. Elle est obligatoire en navigation hauturière (plus de 60 milles d'un abri).
  2. Codée par un professionnel avec un code hexadécimal de 15 caractères lié au MMSI, inscrite sur la licence ; autonomie de 48 heures au moins, étanche à 10 m, précision de 1 à 2 milles sans GPS, bien meilleure avec GPS ; déclenchement manuel, ou automatique par largueur hydrostatique (entre 1,5 et 4 m) pour les balises de navire ; test intégré sans émission d'alerte, batterie à remplacer tous les 5 ans environ.
  3. La PLB (balise personnelle) fonctionne sur les mêmes fréquences ; seule une PLB de type maritime, flottante et avec GPS, peut être inscrite sur la licence et codée avec le MMSI ; antenne déployée verticalement hors de l'eau.
  4. Le répondeur radar SART (9 GHz, bande X) répond aux radars des secours et apparaît sur leur écran comme 12 points alignés qui deviennent des arcs puis des cercles en approchant ; 96 heures de veille, 8 heures d'émission ; l'AIS-SART émet sa position GPS sur les voies AIS pendant 96 heures au moins.
  5. L'AIS (161,975 et 162,025 MHz) échange automatiquement identité, position, route et vitesse entre navires et avec la terre ; classe A pour les navires SOLAS, classe B pour la plaisance ; un émetteur AIS est codé avec le MMSI, un simple récepteur non. L'AIS ne fait pas partie du SMDSM. Les balises MOB-AIS (identifiant 972) signalent une personne à l'eau aux navires proches.
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Agence nationale des fréquences (ANFR), Manuel de préparation du CRR maritime, édition de juin 2025 (V16), chapitre 3 E (signaux d'alerte et de localisation)
  • Programme Cospas-Sarsat, spécifications des balises 406 MHz (C/S T.001) ; OMI, résolution A.802(19) révisée (répondeurs radar SART) et MSC.246(83) (AIS-SART)
  • Division 240 (arrêté du 23 novembre 1987 modifié), article 240-2.06 (matériel de navigation hauturière)

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…