Quand la VHF ne porte plus ou que l'équipage a quitté le bord, d'autres équipements prennent le relais : la balise qui alerte par satellite, le répondeur radar et l'AIS-SART qui guident les secours jusqu'au radeau, l'AIS qui rend le navire visible des autres. L'examen vérifie que l'on connaît leurs fréquences, leurs rôles et leurs limites.
La radiobalise de localisation des sinistres (RLS, EPIRB)
La RLS (EPIRB, emergency position indicating radio beacon) est la balise de détresse du navire. Déclenchée, elle émet :
- sur 406 MHz un message numérique reçu par les satellites Cospas-Sarsat (géostationnaires, défilants et MEO), qui portent l'alerte au FMCC de Toulouse puis au CROSS compétent (le CROSS Gris-Nez centralise pour la métropole) ;
- sur 121,5 MHz un signal de radiorepérage (homing) que les aéronefs et navires de secours suivent jusqu'à la balise ; certains modèles ajoutent un AIS et un flash.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Codage | Code hexadécimal de 15 caractères, programmé par un professionnel, lié au MMSI ; inscrit sur la licence avec une fiche de codage |
| Autonomie | 48 heures au moins |
| Étanchéité | 10 m |
| Précision | 1 à 2 milles sans GPS ; quelques dizaines de mètres avec GPS intégré |
| Déclenchement | Manuel ; automatique par largueur hydrostatique pour une balise de navire, qui s'éjecte de son conteneur sous 1,5 à 4 m d'eau et flotte |
| Essai | Autotest intégré, qui n'émet pas d'alerte ; dates de la batterie (environ 5 ans) et du largueur à surveiller |
| Obligation | Navigation hauturière, au-delà de 60 milles d'un abri (division 240) |
Les balises de survie sont portables et déclenchées à la main dans le radeau ; les balises de navire sont fixées dans un conteneur à largueur. Toute balise est enregistrée à l'ANFR : sans enregistrement, le CROSS reçoit une alerte anonyme et perd un temps précieux.
La balise personnelle (PLB)
La PLB (personal locator beacon) est une balise individuelle, portée sur le gilet, qui émet comme une RLS sur 406 MHz et 121,5 MHz. Pour être inscrite sur la licence et codée avec le MMSI du navire, elle doit être de type maritime : étanche, flottante sans housse, avec GPS, marquage CE et agrément Cospas-Sarsat. Elle s'active à la main ; son antenne doit être déployée verticalement, hors de l'eau. Son autonomie est moindre que celle d'une RLS (24 heures en général).
Le répondeur radar (SART)
Le SART (search and rescue radar transponder) est un petit émetteur-récepteur en SHF, dans la bande des radars de navigation (9 GHz, bande X). Il répond aux impulsions des radars des secours : sur leur écran, le radeau apparaît comme 12 points alignés vers le centre, qui deviennent des arcs puis des cercles concentriques quand le sauveteur approche. Il porte à 5 milles environ d'un navire, bien plus d'un aéronef. Autonomie : 96 heures en veille, puis 8 heures d'émission continue une fois sollicité. On le fixe le plus haut possible dans le radeau.
L'AIS-SART et la balise MOB-AIS
L'AIS-SART remplit le même rôle de localisation en émettant, sur les voies AIS, sa position GPS et son identifiant (970…), pendant 96 heures au moins : il apparaît comme une cible signalée sur l'écran AIS de tout navire proche. La balise MOB-AIS (identifiant 972…), portée sur le gilet, se déclenche au gonflage et signale une personne à l'eau aux navires à portée VHF, le sien en premier ; les balises EPIRB-AIS utilisent l'identifiant 974…. Ces identifiants sont codés en usine : ce ne sont pas des MMSI, mais ils figurent sur la licence.
L'AIS
Le système d'identification automatique (AIS) échange automatiquement, par VHF sur 161,975 MHz (AIS 1) et 162,025 MHz (AIS 2), l'identité (MMSI, nom, indicatif), la position, la route et la vitesse des navires, entre eux et avec la terre. Sa portée est celle de la VHF, 20 à 40 milles.
| Classe | Navires | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Classe A | Navires soumis à SOLAS (commerce, passagers) | Émission fréquente, 12,5 W, prioritaire |
| Classe B | Plaisance, pêche, petits navires | Émission moins fréquente, 2 W (5 W en B+) |
Un émetteur-récepteur AIS est codé avec le MMSI du navire et inscrit sur la licence ; un simple récepteur AIS ne se code pas et n'exige rien. L'AIS est un outil anticollision et de surveillance : il ne fait pas partie du SMDSM, même si les CROSS l'utilisent pour suivre le trafic et localiser un navire en détresse qui en est équipé.