Une VHF marine n'est pas un téléphone : elle émet sur des fréquences partagées par tous les navires et par les centres de secours. C'est pourquoi son usage est encadré par des textes internationaux et nationaux, et pourquoi l'opérateur doit prouver qu'il en connaît les règles. Le certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR) est cette preuve.
Les textes internationaux
Deux institutions spécialisées de l'ONU se partagent le sujet :
- l'UIT (Union internationale des télécommunications) publie le Règlement des radiocommunications (RR), qui fixe les fréquences, les procédures d'appel, les certificats d'opérateur et les licences de station. Les données maritimes de l'UIT (indicatifs, MMSI, stations côtières) sont consultables dans sa base MARS ;
- l'OMI (Organisation maritime internationale) veille à la sécurité en mer. Sa convention SOLAS (Safety Of Life At Sea) fixe les normes de construction, d'équipement et d'exploitation des navires de commerce ; son chapitre IV traite des radiocommunications et repose sur le SMDSM, le système mondial de détresse et de sécurité en mer.
Les textes français
- Le CRR est régi par l'arrêté du 18 mai 2005 relatif aux certificats d'opérateur du service mobile maritime et du service mobile fluvial, modifié par l'arrêté du 22 février 2011.
- La licence de station est régie par le code des postes et des communications électroniques : l'article L.41-1 pose le principe de l'autorisation, l'article L.39-1 prévoit les sanctions pénales (utiliser une fréquence sans autorisation est un délit).
- L'ANFR (Agence nationale des fréquences) organise l'examen, délivre le CRR et les licences de station.
Qui doit avoir le CRR
| Situation | Titre exigé |
|---|---|
| Eaux territoriales françaises, VHF fixe ou portative, avec ou sans ASN | Permis plaisance ou CRR |
| Eaux territoriales françaises, VHF portative sans ASN de 6 W au plus | Aucun titre |
| Eaux internationales et eaux étrangères, toute VHF | CRR (ou certificat équivalent) |
| Voies de navigation intérieure (VHF fluviale, ATIS) | CRR fluvial, ou CRR maritime qui vaut aussi là |
| Formateurs, moniteurs, accompagnateurs en mer | CRR exigé pour l'exercice du métier |
La dispense liée au permis plaisance date de 2011 : auparavant, le CRR était exigé de tout plaisancier équipé d'une VHF. Elle ne vaut que dans les eaux territoriales françaises : dès que l'on passe une frontière maritime ou que l'on navigue au large, le CRR redevient obligatoire.
Le CRR fluvial et le CRR maritime
Il existe deux certificats restreints :
- le CRR maritime, qui autorise l'usage d'une VHF dans les zones maritimes, fluviomaritimes et fluviales ;
- le CRR fluvial, limité aux voies de navigation intérieure (VHF avec ATIS, examen de 20 questions en deux parties).
Le CRR maritime est donc le plus complet : c'est celui qu'un plaisancier qui navigue en mer et sur les canaux a intérêt à passer. Il est délivré à vie et ne se renouvelle pas.
L'examen
L'ANFR organise des sessions dans des centres répartis sur tout le territoire. L'inscription se fait en ligne (droit d'examen de 78 €) ; le résultat et, en cas de réussite, le certificat sont envoyés par courrier sous une dizaine de jours.
| Partie | Questions | Pour réussir |
|---|---|---|
| Généralités du service mobile maritime | 6 | au moins 3 |
| Radiotéléphonie VHF | 8 | au moins 4 |
| Utilisation pratique de la VHF ASN (SMDSM) | 10 | au moins 5 |
Les 24 questions à choix multiples sont projetées une par une à l'écran et lues par une voix de synthèse ; le candidat répond sur un boîtier en 22 secondes, sans retour en arrière. L'épreuve dure environ 25 minutes. Il faut la moyenne dans chacune des trois parties : un score élevé en ASN ne compense pas une partie « généralités » ratée. Les annexes du manuel de l'ANFR, les équipements MF, HF et Inmarsat ne sont pas au programme.