Thème 07 · section 5

Homme à la mer, abandon et survie

5 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 3 sources officielles citées

La chute d'un équipier à la mer est la première cause de décès en plaisance, et au large elle est rarement rattrapable sans méthode. L'abandon du navire est plus rare encore, mais il se prépare de la même façon : à terre, avant de partir, avec un matériel en place et des gestes répétés.

Ne pas tomber

MesureQuand
Gilet 150 N porté, sangle sous-cutale boucléeDès que la mer se forme, de nuit, dans le brouillard, et pour toute personne de l'équipage non aguerrie ; obligatoirement pour les enfants de 30 kg ou moins
Harnais et longe capelés sur la ligne de vie ou un point fortDe nuit, par gros temps, seul sur le pont, pour aller à l'avant
Lignes de vie gréées de l'arrière à l'avantAvant le départ, des deux bords, en sangle plate
« Une main pour soi, une main pour le bateau »Toujours ; se déplacer au vent du bateau, accroupi, en se tenant
Uriner à l'intérieur, jamais au balcon arrièreToujours : une cause fréquente de chute en solitaire

Sur les voiliers, la division 240 exige un harnais et une longe par personne dès la navigation semi-hauturière.

Homme à la mer : la manœuvre

  1. Crier « Homme à la mer ! » et désigner la personne du doigt ; un équipier ne la quitte plus des yeux, c'est son seul rôle.
  2. Lancer aussitôt la bouée fer à cheval avec son feu à retournement et sa perche, et tout ce qui flotte : cela marque le point et donne un appui à la personne.
  3. Appuyer sur la touche MOB du GPS ou du traceur : la position du point de chute est mémorisée et une route de retour s'affiche.
  4. Ralentir et revenir : au moteur, décrire une boucle pour revenir face au vent et à la mer, vitesse réduite, la personne légèrement sous le vent du bateau. Sous voiles, la méthode la plus simple pour un équipage réduit est de virer de bord en gardant le génois à contre (cape) pour s'arrêter près de la personne, ou de démarrer le moteur et d'affaler.
  5. À l'approche, moteur au point mort : une hélice en rotation près d'une personne à l'eau est mortelle.
  6. Récupérer : lancer une amarre ou une ligne de récupération, puis remonter la personne par le côté sous le vent (le bateau dérive vers elle, pas sur elle) avec l'échelle de bain, une drisse et le winch, ou un palan.
  7. De nuit : projecteur de recherche et feu de la bouée ; un bâton lumineux ou une lampe sur le gilet font toute la différence.

L'eau froide

Température de l'eauÉpuisement ou perte de conscienceSurvie probable avec gilet
Moins de 5 °C15 à 30 minutes30 à 90 minutes
5 à 10 °C30 à 60 minutes1 à 3 heures
10 à 15 °C1 à 2 heures1 à 6 heures
15 à 20 °C2 à 7 heures2 à 40 heures

Ces ordres de grandeur valent pour une personne habillée et immobile ; nager épuise et accélère le refroidissement. Le choc thermique des premières secondes (suffocation, inhalation d'eau) tue avant l'hypothermie : le gilet 150 N, qui retourne une personne inconsciente et maintient la tête hors de l'eau, et la capuche de gilet sont décisifs. Une personne récupérée en hypothermie se réchauffe progressivement (abri du vent, vêtements secs, couverture, boissons chaudes sucrées si elle est consciente), sans alcool, et sans massage.

Abandonner le navire

Le navire, même en avarie, protège mieux qu'un radeau : on l'abandonne seulement s'il coule ou brûle sans que l'on puisse l'arrêter. « On monte dans le radeau en descendant du bateau. »

  1. Alerter avant tout : MAYDAY et ASN, RLS déclenchée et emportée.
  2. Chacun porte son gilet, des vêtements chauds et un ciré ; prendre le sac de survie.
  3. Larguer le radeau sous le vent, bout de déclenchement amarré au bateau, gonfler en tirant fermement, embarquer au sec si possible, les plus faibles d'abord.
  4. Couper l'amarre quand tout le monde est à bord et que le navire menace de couler.
Contenu du sac de survie (grab bag)Rôle
VHF portative étanche, PLB ou RLS, miroir de signalisation, feux à main, fumigèneAlerter et être retrouvé
Eau en petits contenants, rations, pastilles contre le mal de merTenir plusieurs jours
Couvertures de survie, bonnets, lampe étanche, siffletLutter contre le froid et la nuit
Trousse de secours, couteau, médicaments personnels, papiers, téléphone dans une pochette étancheSoins et administratif

Survivre dans le radeau

GestePourquoi
Mouiller l'ancre flottante, fermer la tenteStabiliser le radeau, limiter la dérive, se protéger du froid et des embruns
Écoper, gonfler le plancher, s'amarrer les uns aux autresRester au sec ; le froid est l'ennemi principal
Prendre les pastilles contre le mal de mer dès l'embarquementLe mal de mer déshydrate et démoralise
Rationner l'eau (pas la première journée), ne jamais boire d'eau de merTenir jusqu'aux secours
Organiser une veille, garder les feux pour un navire en vueÊtre vu au bon moment
Rester groupés, se parler, répartir les rôlesLe moral conditionne la survie

À retenir

  1. Prévenir d'abord : gilet 150 N porté, harnais et longe capelés sur la ligne de vie dès que la mer se forme, de nuit, en solitaire sur le pont ou lors des manœuvres à l'avant.
  2. Homme à la mer : crier, désigner la personne du doigt sans la quitter des yeux, lancer la bouée et son repère lumineux, appuyer sur la touche MOB du GPS, revenir vers elle face au vent, moteur au point mort à l'approche, et la remonter par le côté sous le vent avec un palan ou une échelle.
  3. Si la personne est perdue de vue : MAYDAY sur le canal 16 avec la position du dernier contact, puis recherche en secteurs à partir de ce point en tenant compte de la dérive.
  4. L'eau froide tue vite : hypothermie en moins d'une heure dans une eau à 10 °C, perte des gestes utiles en quelques minutes ; un gilet 150 N maintient les voies respiratoires hors de l'eau même inconscient.
  5. On n'abandonne le navire que lorsqu'il n'offre plus de protection (il coule ou brûle) : on monte dans le radeau « en descendant » ; sac de survie prêt avec VHF portative, balise, eau, feux, couverture, lampe, miroir ; dans le radeau, s'amarrer, écoper, rester groupés et au sec, rationner l'eau.
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Division 240 (édition du 30 octobre 2024), articles 240-2.05 (harnais, longes, projecteur de recherche, radeau), 240-2.06 (RLS, VHF portative) et 240-2.16 (équipements individuels de flottabilité)
  • Agence nationale des fréquences (ANFR), Manuel de préparation du CRR maritime, édition de juin 2025 : détresse, balises MOB et PLB
  • Norme NF EN ISO 9650-1 (radeaux de survie gonflables pour la plaisance, type I) et NF EN ISO 12402 (équipements individuels de flottabilité)

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…