La chute d'un équipier à la mer est la première cause de décès en plaisance, et au large elle est rarement rattrapable sans méthode. L'abandon du navire est plus rare encore, mais il se prépare de la même façon : à terre, avant de partir, avec un matériel en place et des gestes répétés.
Ne pas tomber
| Mesure | Quand |
|---|---|
| Gilet 150 N porté, sangle sous-cutale bouclée | Dès que la mer se forme, de nuit, dans le brouillard, et pour toute personne de l'équipage non aguerrie ; obligatoirement pour les enfants de 30 kg ou moins |
| Harnais et longe capelés sur la ligne de vie ou un point fort | De nuit, par gros temps, seul sur le pont, pour aller à l'avant |
| Lignes de vie gréées de l'arrière à l'avant | Avant le départ, des deux bords, en sangle plate |
| « Une main pour soi, une main pour le bateau » | Toujours ; se déplacer au vent du bateau, accroupi, en se tenant |
| Uriner à l'intérieur, jamais au balcon arrière | Toujours : une cause fréquente de chute en solitaire |
Sur les voiliers, la division 240 exige un harnais et une longe par personne dès la navigation semi-hauturière.
Homme à la mer : la manœuvre
- Crier « Homme à la mer ! » et désigner la personne du doigt ; un équipier ne la quitte plus des yeux, c'est son seul rôle.
- Lancer aussitôt la bouée fer à cheval avec son feu à retournement et sa perche, et tout ce qui flotte : cela marque le point et donne un appui à la personne.
- Appuyer sur la touche MOB du GPS ou du traceur : la position du point de chute est mémorisée et une route de retour s'affiche.
- Ralentir et revenir : au moteur, décrire une boucle pour revenir face au vent et à la mer, vitesse réduite, la personne légèrement sous le vent du bateau. Sous voiles, la méthode la plus simple pour un équipage réduit est de virer de bord en gardant le génois à contre (cape) pour s'arrêter près de la personne, ou de démarrer le moteur et d'affaler.
- À l'approche, moteur au point mort : une hélice en rotation près d'une personne à l'eau est mortelle.
- Récupérer : lancer une amarre ou une ligne de récupération, puis remonter la personne par le côté sous le vent (le bateau dérive vers elle, pas sur elle) avec l'échelle de bain, une drisse et le winch, ou un palan.
- De nuit : projecteur de recherche et feu de la bouée ; un bâton lumineux ou une lampe sur le gilet font toute la différence.
L'eau froide
| Température de l'eau | Épuisement ou perte de conscience | Survie probable avec gilet |
|---|---|---|
| Moins de 5 °C | 15 à 30 minutes | 30 à 90 minutes |
| 5 à 10 °C | 30 à 60 minutes | 1 à 3 heures |
| 10 à 15 °C | 1 à 2 heures | 1 à 6 heures |
| 15 à 20 °C | 2 à 7 heures | 2 à 40 heures |
Ces ordres de grandeur valent pour une personne habillée et immobile ; nager épuise et accélère le refroidissement. Le choc thermique des premières secondes (suffocation, inhalation d'eau) tue avant l'hypothermie : le gilet 150 N, qui retourne une personne inconsciente et maintient la tête hors de l'eau, et la capuche de gilet sont décisifs. Une personne récupérée en hypothermie se réchauffe progressivement (abri du vent, vêtements secs, couverture, boissons chaudes sucrées si elle est consciente), sans alcool, et sans massage.
Abandonner le navire
Le navire, même en avarie, protège mieux qu'un radeau : on l'abandonne seulement s'il coule ou brûle sans que l'on puisse l'arrêter. « On monte dans le radeau en descendant du bateau. »
- Alerter avant tout : MAYDAY et ASN, RLS déclenchée et emportée.
- Chacun porte son gilet, des vêtements chauds et un ciré ; prendre le sac de survie.
- Larguer le radeau sous le vent, bout de déclenchement amarré au bateau, gonfler en tirant fermement, embarquer au sec si possible, les plus faibles d'abord.
- Couper l'amarre quand tout le monde est à bord et que le navire menace de couler.
| Contenu du sac de survie (grab bag) | Rôle |
|---|---|
| VHF portative étanche, PLB ou RLS, miroir de signalisation, feux à main, fumigène | Alerter et être retrouvé |
| Eau en petits contenants, rations, pastilles contre le mal de mer | Tenir plusieurs jours |
| Couvertures de survie, bonnets, lampe étanche, sifflet | Lutter contre le froid et la nuit |
| Trousse de secours, couteau, médicaments personnels, papiers, téléphone dans une pochette étanche | Soins et administratif |
Survivre dans le radeau
| Geste | Pourquoi |
|---|---|
| Mouiller l'ancre flottante, fermer la tente | Stabiliser le radeau, limiter la dérive, se protéger du froid et des embruns |
| Écoper, gonfler le plancher, s'amarrer les uns aux autres | Rester au sec ; le froid est l'ennemi principal |
| Prendre les pastilles contre le mal de mer dès l'embarquement | Le mal de mer déshydrate et démoralise |
| Rationner l'eau (pas la première journée), ne jamais boire d'eau de mer | Tenir jusqu'aux secours |
| Organiser une veille, garder les feux pour un navire en vue | Être vu au bon moment |
| Rester groupés, se parler, répartir les rôles | Le moral conditionne la survie |