La brume change tout. Les règles 11 à 18 supposent que les navires se voient : dès que ce n'est plus le cas, la règle 19 prend le relais et il n'y a plus de navire privilégié. Chacun est responsable d'éviter l'autre.
Quand s'applique la règle 19
Elle concerne les navires qui ne sont pas en vue l'un de l'autre et qui naviguent dans ou près d'une zone de visibilité réduite : brume, brouillard, pluie forte, neige, embruns. Près de la zone, parce qu'un navire qui va entrer dans la brume doit déjà se comporter comme s'il y était.
Les obligations de tous
- Vitesse de sécurité adaptée aux circonstances : on doit pouvoir s'arrêter dans la distance de visibilité, qui peut se réduire à quelques dizaines de mètres.
- Machine prête à manœuvrer immédiatement, pour un navire à moteur : pas de pilote automatique engagé sans surveillance, pas de régime qui empêche un arrêt rapide.
- Feux de navigation allumés (règle 20), même de jour.
- Signaux sonores de la règle 35 : un navire à moteur faisant route émet un son prolongé toutes les deux minutes au plus ; un voilier, un navire en pêche ou non maître de sa manœuvre émet un son prolongé suivi de deux sons brefs.
- Veille renforcée : un équipier à l'avant, oreille tendue, VHF sur le canal 16.
Si l'on détecte un navire au radar seul
Le navire qui détecte un autre navire au radar seulement doit déterminer s'il existe un risque d'abordage et, si oui, manœuvrer largement à temps. Deux manœuvres sont à éviter autant que possible :
- venir sur bâbord pour un navire situé sur l'avant du travers, sauf si ce navire est en train d'être rattrapé ;
- venir vers un navire situé par le travers ou sur l'arrière du travers.
La manœuvre préférée est donc de venir sur tribord pour un navire détecté devant, comme dans le face à face par bonne visibilité.
Si l'on entend un signal de brume
Un navire qui entend, apparemment sur l'avant de son travers, le signal de brume d'un autre navire, ou qui ne peut pas éviter une situation très rapprochée avec un navire situé sur l'avant du travers, doit réduire sa vitesse au minimum nécessaire pour garder son cap et, si besoin, casser son erre (stopper). Il navigue ensuite avec une extrême précaution jusqu'à ce que le risque soit passé.
Se préparer avant la brume
Pour un plaisancier, la meilleure manœuvre reste d'éviter la visibilité réduite : consulter le bulletin météo, rentrer avant que la brume ne se forme, mouiller hors des chenaux si elle surprend. Si l'on doit naviguer :
- gilets de sauvetage portés par tout l'équipage ;
- position relevée régulièrement sur la carte, GPS et compas croisés ;
- réflecteur radar en place, AIS actif si le bord en dispose ;
- corne de brume à portée de main, et tous les feux allumés.