Les incidents graves à bord se préparent à terre : savoir où est l'extincteur, où est la pompe, ce que l'on dit à la VHF. Quelques réflexes simples évitent qu'une panne devienne une détresse.
L'incendie
Un feu à bord part le plus souvent du moteur (carburant, échappement), de la cuisine (gaz, huile) ou de l'installation électrique. La conduite à tenir :
- Couper l'arrivée de carburant, le gaz et le circuit électrique.
- Orienter le bateau pour que la fumée et les flammes partent sous le vent, loin de l'équipage.
- Attaquer le feu à sa base avec l'extincteur, par balayage, en se tenant au vent.
- Ne jamais jeter d'eau sur un feu de carburant ou un feu électrique : l'eau étale les hydrocarbures et conduit le courant.
- Si le feu n'est pas maîtrisé en quelques secondes : gilets, MAYDAY sur le canal 16, préparer l'évacuation du côté opposé au feu.
Le nombre et le type d'extincteurs sont fixés par le manuel du propriétaire et la division 240 selon la puissance du moteur et les installations à bord. Ils se vérifient chaque année.
La voie d'eau
Une voie d'eau vient d'un passe-coque, d'un presse-étoupe, d'un tuyau débranché ou d'un choc. Le réflexe :
- Localiser l'arrivée d'eau : vannes, arbre d'hélice, dalots, coque.
- Colmater : fermer la vanne, enfoncer une pinoche (bouchon conique en bois) ou un coussin, bourrer un chiffon.
- Pomper : pompe de cale électrique, pompe manuelle, écope, seau. Une écope vide plus qu'une petite pompe.
- Si l'eau gagne : faire route vers un haut-fond pour s'échouer volontairement, et lancer MAYDAY avant que le bateau soit ingouvernable, pas après.
La panne de moteur
Par mer formée ou près de la côte, un bateau qui n'avance plus dérive. Avant toute chose :
- mouiller si le fond le permet, pour arrêter la dérive vers les cailloux ;
- sécuriser l'équipage (gilets) ;
- chercher la cause : réserve de carburant, coupe-circuit, filtre, bougies, batterie ;
- si la réparation est impossible, appeler sur le canal 16 ou le canal du port pour demander une assistance. C'est une demande de secours, pas une détresse, sauf si le bateau dérive vers un danger.
Le remorquage
Pour être remorqué ou remorquer un autre plaisancier :
- la remorque est longue (plusieurs longueurs de bateau) pour amortir les à-coups ;
- elle est frappée sur un point solide (taquet d'étrave renforcé, pied de mât) et non sur un simple anneau décoratif ;
- la vitesse reste lente ; un bateau remorqué trop vite plonge ou chavire ;
- personne ne se tient dans l'axe d'un bout tendu, qui peut rompre et fouetter ;
- les deux bateaux restent en contact VHF et l'on prévient le CROSS ;
- un remorqué garre la barre et peut mouiller une aussière en traînée pour rester dans l'axe.
L'échouement et le chavirage
- Échoué sur un haut-fond : couper le moteur pour ne pas aspirer de sable, évaluer la marée. Si elle monte, attendre ; si elle descend, alléger le bateau et le dégager vers l'eau profonde avec le mouillage ou une aussière.
- Chaviré : rester avec le bateau. Il flotte, il se voit de loin, il isole partiellement du froid. Nager vers la côte est presque toujours une erreur : la distance est trompeuse et le froid gagne.