Le permis « eaux intérieures » couvre aussi les lacs (Léman, Annecy, Bourget, lacs de barrage) et les plans d'eau où la notion de courant disparaît. Le balisage y change de logique : il ne borde plus un chenal étroit, il signale des dangers et des zones, comme en mer.
Un balisage de type maritime
Sur un plan d'eau large, le CEVNI prévoit le système maritime de balisage :
- Marques latérales rouges et vertes à l'entrée des ports et des chenaux d'accès, dans le sens conventionnel fixé par le règlement : en général rouge à bâbord en entrant au port, comme en mer.
- Marques cardinales jaunes et noires autour d'un danger : les eaux saines sont du côté indiqué par le nom de la marque (Nord, Est, Sud, Ouest).
- Marque de danger isolé noire à bandes rouges, posée sur l'obstacle.
- Marque d'eaux saines à rayures verticales rouges et blanches, au milieu d'un passage.
Celui qui possède déjà le permis côtier retrouve exactement les marques apprises pour la mer ; pour les autres, l'examen se limite à reconnaître leur rôle général.
Les marques spéciales : les zones réservées
Les bouées jaunes (marques spéciales, voyant en X, feu jaune) délimitent des zones où la navigation est réglementée :
- Zones de baignade interdites à tous les bateaux, souvent doublées d'une ligne de flotteurs jaunes.
- Couloirs de ski nautique et de départ des engins tractés, à vitesse autorisée seulement perpendiculairement à la rive.
- Zones de mouillage, réserves naturelles, zones interdites aux moteurs, souvent complétées sur la rive par les panneaux A.12 à A.20 (interdictions par type d'engin).
La bande de rive
Les règlements particuliers des lacs instaurent une bande de rive le long des berges, le plus souvent de 300 m, dans laquelle :
- la vitesse est limitée (quelques km/h, valeur fixée par le règlement local) ;
- le ski nautique et les engins tractés sont interdits en dehors des couloirs de départ ;
- la priorité va aux baigneurs, aux pêcheurs et aux embarcations non motorisées.
La sortie de la bande de rive se fait perpendiculairement à la berge, sans remous, et le retour de la même façon.
Rive droite et rive gauche sur un lac
Sans courant, la convention amont-aval n'a plus de sens naturel. Le règlement particulier de police fixe alors un sens conventionnel (par exemple de l'amont vers l'aval de la rivière qui traverse le lac) et désigne les rives. Les panneaux de signalisation et les quelques marques de chenal (accès aux ports, passages entre îles) sont posés selon ce sens.
Un milieu qui ressemble à la mer
Les grands lacs lèvent une vague courte et dure dès que le vent se lève, et des vents locaux (la bise et le vent du Léman, les brises thermiques des lacs alpins) montent en quelques minutes. Le brouillard y est fréquent en automne. C'est pourquoi les lacs et plans d'eau désignés par l'autorité sont classés en eaux intérieures exposées : le matériel d'armement y est renforcé (ancre, lampe) et la consultation de la météo avant le départ est une obligation de bon sens. La règle d'or reste celle du côtier : rentrer avant que le vent ne se lève, parce qu'un lac n'offre ni marée ni courant pour rentrer, seulement ses propres abris.