Rivières et canaux ne sont pas plats : pour franchir les dénivelés, on a construit des écluses, qui permettent au bateau de monter ou de descendre d'un bief à l'autre dans un bassin d'eau calme. Comprendre leur mécanique rend leur passage simple et sûr.
Le vocabulaire
| Terme | Sens |
|---|---|
| Bief | Portion de voie entre deux écluses, à niveau constant ; le bief de partage est le plus haut |
| Chute | Différence de niveau entre les deux biefs, de quelques décimètres à plus de 20 m |
| Sas | Le bassin de l'écluse où le bateau est enfermé |
| Portes | Portes amont et portes aval, busquées (en V) ou levantes |
| Vantelles | Vannes placées dans les portes ou dans des conduits (aqueducs) qui laissent passer l'eau |
| Bajoyers | Les murs latéraux du sas, équipés de bollards, d'échelles et parfois de rails |
| Radier | Le fond du sas ; le busc est le seuil sur lequel s'appuient les portes |
| Bassinée | Le remplissage ou la vidange du sas ; une « éclusée » désigne aussi le passage lui-même |
| Garage | Zone d'attente aménagée en amont et en aval, avec des bollards |
Le cycle
- Le sas est mis au niveau du bateau qui arrive : les portes de son côté s'ouvrent.
- Le bateau entre, s'amarre, les portes se ferment derrière lui.
- On ouvre les vantelles de l'autre côté : l'eau entre (montée) ou sort (descente) par gravité, sans pompe, jusqu'à l'égalité des niveaux.
- Les portes opposées s'ouvrent, le bateau sort.
Chaque bassinée consomme un volume d'eau égal au sas : sur les canaux à faible alimentation, les éclusiers groupent les bateaux et limitent le nombre de passages, d'où l'importance de partager le sas quand on le propose.
Monter et descendre : deux dangers différents
- En éclusage montant (le bateau monte), l'eau entre par les vantelles des portes amont avec force : courants, tourbillons et aspiration vers les portes. On s'amarre le plus loin possible des portes amont, à l'arrière du sas, et on reprend les amarres au fur et à mesure que le bateau monte.
- En éclusage avalant (le bateau descend), l'eau sort tranquillement, mais le bateau descend le long du mur : une amarre trop courte ou bloquée le suspend et le fait gîter ; un bateau placé trop près des portes aval peut poser son arrière sur le busc ou heurter le radier. On file les amarres régulièrement et on se tient à distance des portes aval.
Gabarits et dimensions
Le réseau se partage entre le gabarit Freycinet (écluses de 39 m sur 5,20 m, pour les péniches de 38,50 m sur 5,05 m, mouillage 1,80 à 2,20 m) et le grand gabarit (Seine, Rhône, Rhin, Moselle, canaux du Nord, écluses jusqu'à 185 m) ouvert aux convois poussés. Les canaux du Midi et de Bretagne ont des écluses plus courtes encore (30 m, 25 m). Le plaisancier vérifie longueur, largeur, tirant d'eau et tirant d'air de son bateau face aux dimensions de l'itinéraire, que donnent les guides et les panneaux C.1 à C.3.
Horaires, fermetures, chômages
- Les écluses sont manœuvrées ou ouvertes à horaires fixes, affichés sur l'ouvrage et dans les avis du gestionnaire ; en dehors, les feux sont éteints et l'on stationne dans le garage.
- Le réseau ferme certains jours fériés et, sur beaucoup de canaux, la nuit et l'hiver.
- Les chômages sont des arrêts de navigation programmés pour travaux, le plus souvent de novembre à mars : un itinéraire se prépare en les consultant.
- En crue, la navigation peut être suspendue par avis à la batellerie dès que la cote de référence est atteinte.
Compter 15 à 30 minutes par écluse, davantage si l'on attend un bateau de commerce ou si le sas doit être retourné : à 8 km/h et quatre écluses, une étape de 30 km prend la journée.