Le passage d'une écluse est l'exercice le plus attendu à l'examen pratique et le moment où se produisent le plus d'accidents de plaisance fluviale : chutes, doigts écrasés, bateaux suspendus. La méthode est toujours la même et tient en quatre temps.
1. L'approche et l'attente
- Dès les premiers panneaux de l'écluse, on passe à l'allure de manœuvre, on prépare amarres (une à l'avant, une à l'arrière, assez longues pour la chute) et défenses, chaque membre d'équipage sait son rôle et porte des gants.
- On observe les feux : rouge, on attend ; rouge et vert, on se prépare ; vert, on peut entrer. Deux rouges ou feux éteints : écluse fermée.
- On attend dans le garage, amarré aux bollards si l'attente se prolonge, hors de la trajectoire des bateaux qui sortent. On ne stationne jamais devant les portes ni dans le chenal d'accès.
- Si l'écluse n'a pas vu le bateau, on se signale : VHF sur le canal indiqué (B.11), borne d'appel, ou signal sonore là où le panneau B.7 le prévoit. Le signal n'autorise rien : seul le feu vert ou l'éclusier donne l'entrée.
2. L'ordre de passage
Le règlement fixe un ordre, que l'éclusier peut modifier : ses instructions priment.
- Les bateaux de l'autorité et des secours en intervention.
- Les bateaux prioritaires portant la flamme rouge à l'avant (lignes régulières de passagers, transports particuliers).
- Les autres bateaux dans l'ordre d'arrivée dans le garage.
Les menues embarcations entrent après les bateaux de commerce lorsqu'elles sont éclusées avec eux, se placent où l'éclusier l'indique, en général à l'arrière du sas, et ne s'amarrent jamais à un autre bateau sans son accord. Elles ne sont pas éclusées avec un bateau portant un ou plusieurs cônes bleus (matières dangereuses).
3. Dans le sas
- On entre au ralenti, on se place au fond du sas en montant (loin des portes amont) ou à l'écart des portes aval en descendant, toujours dans les limites marquées sur les bajoyers.
- On s'amarre à l'avant et à l'arrière sur des bollards (fixes en haut du mur, encastrés à plusieurs hauteurs, ou flottants qui suivent le niveau). Chaque amarre est tenue en main ou passée en tour mort pour pouvoir filer (descente) ou reprendre (montée) ; jamais de nœud à poste : un bateau suspendu par une amarre bloquée chavire.
- Les défenses sont insubmersibles : une défense qui coule est inutile et interdite.
- Pendant la bassinée, l'hélice ne tourne pas sauf nécessité de sécurité ; on garde le moteur prêt à démarrer ou au ralenti selon les consignes locales.
- On ne s'amarre jamais aux échelles, aux garde-corps, aux portes ni aux poteaux de signalisation ; on ne monte pas l'échelle pendant la bassinée.
- Les mains et les pieds restent à l'intérieur du bateau : on ne repousse pas le mur à la main. Personne ne saute sur le quai depuis le bateau en mouvement. Les enfants et non-nageurs portent leur gilet et restent assis.
- On ne jette rien dans le sas et l'on ne touche pas aux organes de l'écluse.
4. La sortie
Les portes s'ouvrent entièrement ; on attend le feu vert (ou le geste de l'éclusier), on récupère les amarres, et l'on sort dans l'ordre d'entrée, au ralenti, pour ne pas créer de remous dans le sas ni devant le garage opposé où d'autres bateaux attendent. On remercie l'éclusier, on range amarres et défenses une fois dans le bief, pas dans le sas.