Toutes les écluses ne sont pas gardées par un éclusier. Sur les petits canaux, le plaisancier déclenche l'écluse ou la manœuvre lui-même ; ailleurs, il rencontre des ouvrages qui ne sont pas des écluses mais qui obéissent aux mêmes signaux.
Les écluses automatiques
Elles se présentent sous plusieurs formes :
- Détecteur à l'approche (radar, boucle) : l'écluse se prépare toute seule ; on avance lentement jusqu'à ce que les feux changent.
- Perche à tourner suspendue au-dessus du chenal : on la fait pivoter d'un quart de tour depuis le bateau, sans tirer dessus, et l'écluse se met en route. Une perche bleue déclenche, une perche rouge sert d'arrêt d'urgence.
- Télécommande remise par le gestionnaire au début de l'itinéraire : on appuie à l'approche.
- Borne sur le quai du sas : boutons pour fermer les portes et lancer la bassinée une fois le bateau amarré, et bouton rouge d'arrêt d'urgence.
Les règles :
- on respecte les feux exactement comme dans une écluse gardée ;
- une fois dans le sas, tout l'équipage à bord ou une seule personne désignée descend pour actionner la borne ;
- en cas de blocage, on appuie sur l'arrêt d'urgence et l'on appelle le numéro affiché sur l'ouvrage (interphone ou téléphone) ; on ne force jamais une porte ou une vantelle ;
- on ne redéclenche pas le cycle pour « aller plus vite ».
Les écluses manuelles
Sur certains canaux (Nivernais, Bourgogne par endroits, canaux de Bretagne hors saison), le plaisancier manœuvre lui-même, parfois avec une manivelle fournie. L'ordre est toujours le même :
- Vérifier que l'écluse est libre et qu'aucun bateau n'arrive de l'autre côté ; le cas échéant, lui laisser la priorité s'il est déjà au niveau.
- Mettre le sas à son niveau : fermer les portes et vantelles opposées, ouvrir lentement les vantelles de son côté, attendre l'équilibre, ouvrir les portes.
- Entrer, s'amarrer, refermer portes puis vantelles derrière soi.
- Ouvrir les vantelles opposées progressivement, un quart d'ouverture à la fois, pour limiter les turbulences ; attendre le niveau ; ouvrir les portes ; sortir.
- Tout refermer derrière soi si la consigne l'exige, et ne jamais laisser une vantelle ouverte : le bief se vide.
Ponts mobiles et ponts levants
Un pont tournant, basculant ou levant se manœuvre à heures fixes ou à la demande. Il porte les feux d'une écluse : rouge, on attend ; vert, on passe ; deux rouges, fermé pour longtemps. On attend à distance pour ne pas gêner la manœuvre ni le trafic routier, on passe un par un, au ralenti, et l'on ne tente jamais de passer sous un pont en cours de manœuvre. Le tirant d'air affiché (C.2) vaut pont fermé : un pont levant peut autoriser le passage sans manœuvre aux bateaux assez bas.
Tunnels et voûtes
Les tunnels (Malpas, Pouilly-en-Auxois, Riqueval, Mauvages…) imposent :
- la circulation à sens unique ou alternée, réglée par des feux ou des horaires ;
- l'éclairage du bateau (feux de route et projecteur) et un équipement de secours à portée ;
- l'interdiction de s'arrêter, de dépasser et de virer ;
- une vitesse réduite, souvent limitée par le règlement particulier ;
- parfois une réservation préalable ou un passage en convoi remorqué (Riqueval).
Avant l'entrée, on vérifie le tirant d'air et la largeur (panneaux C.2 et C.3), on allume, et l'on s'assure que personne ne vient en face.
Les ouvrages d'exception
- Échelle d'écluses (Fonserannes, Rogny) : écluses accolées à franchir d'une traite, dans un sens et à des horaires imposés, avec un éclusier.
- Pente d'eau (Montech, Fonserannes) : un coin d'eau poussé par des engins ; passage sur rendez-vous.
- Ascenseur à bateaux (Arzviller, Strépy en Belgique) : bac mobile où le bateau s'amarre ; mêmes consignes qu'un sas.
- Pont-canal : le canal passe au-dessus d'une rivière ; passage étroit, souvent alterné, sans arrêt, en respectant la priorité annoncée par les panneaux.
Tous ces ouvrages sont gardés : on écoute les consignes, on s'amarre quand on le demande, et l'on ne manœuvre que sur ordre.