Thème 05 · section 3

Écluses automatiques, manuelles et ouvrages particuliers

4 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 3 sources officielles citées

Toutes les écluses ne sont pas gardées par un éclusier. Sur les petits canaux, le plaisancier déclenche l'écluse ou la manœuvre lui-même ; ailleurs, il rencontre des ouvrages qui ne sont pas des écluses mais qui obéissent aux mêmes signaux.

Les écluses automatiques

Elles se présentent sous plusieurs formes :

  • Détecteur à l'approche (radar, boucle) : l'écluse se prépare toute seule ; on avance lentement jusqu'à ce que les feux changent.
  • Perche à tourner suspendue au-dessus du chenal : on la fait pivoter d'un quart de tour depuis le bateau, sans tirer dessus, et l'écluse se met en route. Une perche bleue déclenche, une perche rouge sert d'arrêt d'urgence.
  • Télécommande remise par le gestionnaire au début de l'itinéraire : on appuie à l'approche.
  • Borne sur le quai du sas : boutons pour fermer les portes et lancer la bassinée une fois le bateau amarré, et bouton rouge d'arrêt d'urgence.

Les règles :

  • on respecte les feux exactement comme dans une écluse gardée ;
  • une fois dans le sas, tout l'équipage à bord ou une seule personne désignée descend pour actionner la borne ;
  • en cas de blocage, on appuie sur l'arrêt d'urgence et l'on appelle le numéro affiché sur l'ouvrage (interphone ou téléphone) ; on ne force jamais une porte ou une vantelle ;
  • on ne redéclenche pas le cycle pour « aller plus vite ».

Les écluses manuelles

Sur certains canaux (Nivernais, Bourgogne par endroits, canaux de Bretagne hors saison), le plaisancier manœuvre lui-même, parfois avec une manivelle fournie. L'ordre est toujours le même :

  1. Vérifier que l'écluse est libre et qu'aucun bateau n'arrive de l'autre côté ; le cas échéant, lui laisser la priorité s'il est déjà au niveau.
  2. Mettre le sas à son niveau : fermer les portes et vantelles opposées, ouvrir lentement les vantelles de son côté, attendre l'équilibre, ouvrir les portes.
  3. Entrer, s'amarrer, refermer portes puis vantelles derrière soi.
  4. Ouvrir les vantelles opposées progressivement, un quart d'ouverture à la fois, pour limiter les turbulences ; attendre le niveau ; ouvrir les portes ; sortir.
  5. Tout refermer derrière soi si la consigne l'exige, et ne jamais laisser une vantelle ouverte : le bief se vide.

Ponts mobiles et ponts levants

Un pont tournant, basculant ou levant se manœuvre à heures fixes ou à la demande. Il porte les feux d'une écluse : rouge, on attend ; vert, on passe ; deux rouges, fermé pour longtemps. On attend à distance pour ne pas gêner la manœuvre ni le trafic routier, on passe un par un, au ralenti, et l'on ne tente jamais de passer sous un pont en cours de manœuvre. Le tirant d'air affiché (C.2) vaut pont fermé : un pont levant peut autoriser le passage sans manœuvre aux bateaux assez bas.

Panneau C.2 (restriction) : hauteur libre au-dessus du plan d'eau limitée « 2,6 ».2,6
C.2 : 2,60 m de hauteur libre, pont fermé.
Feux d'écluse : entrée interdite : l'écluse n'est pas prête ou est occupée.
Pont mobile : feu rouge, le passage est interdit.

Tunnels et voûtes

Les tunnels (Malpas, Pouilly-en-Auxois, Riqueval, Mauvages…) imposent :

  • la circulation à sens unique ou alternée, réglée par des feux ou des horaires ;
  • l'éclairage du bateau (feux de route et projecteur) et un équipement de secours à portée ;
  • l'interdiction de s'arrêter, de dépasser et de virer ;
  • une vitesse réduite, souvent limitée par le règlement particulier ;
  • parfois une réservation préalable ou un passage en convoi remorqué (Riqueval).

Avant l'entrée, on vérifie le tirant d'air et la largeur (panneaux C.2 et C.3), on allume, et l'on s'assure que personne ne vient en face.

Les ouvrages d'exception

  • Échelle d'écluses (Fonserannes, Rogny) : écluses accolées à franchir d'une traite, dans un sens et à des horaires imposés, avec un éclusier.
  • Pente d'eau (Montech, Fonserannes) : un coin d'eau poussé par des engins ; passage sur rendez-vous.
  • Ascenseur à bateaux (Arzviller, Strépy en Belgique) : bac mobile où le bateau s'amarre ; mêmes consignes qu'un sas.
  • Pont-canal : le canal passe au-dessus d'une rivière ; passage étroit, souvent alterné, sans arrêt, en respectant la priorité annoncée par les panneaux.

Tous ces ouvrages sont gardés : on écoute les consignes, on s'amarre quand on le demande, et l'on ne manœuvre que sur ordre.

À retenir

  1. Écluse automatique : on la déclenche (détecteur, perche à tourner, télécommande, borne) et l'on suit les feux ; on ne touche à rien d'autre et l'on ne sort qu'au vert.
  2. Écluse manuelle : on manœuvre les vantelles en premier, lentement, puis les portes, dans l'ordre affiché ; tout se referme derrière soi.
  3. Pont mobile et pont levant : mêmes feux qu'une écluse, horaires fixes, on attend à distance sans gêner le trafic routier.
  4. Tunnel : un sens à la fois, feux, éclairage obligatoire, interdiction de s'arrêter et de dépasser, parfois une réservation ou un remorquage obligatoire.
  5. Échelle d'écluses, pente d'eau, ascenseur à bateaux : ouvrages gardés, passage réservé et instructions à suivre à la lettre.
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Règlement général de police de la navigation intérieure (arrêté du 28 juin 2013), chapitre 6, sections V (écluses) et VII (ponts mobiles et tunnels)
  • CEVNI, articles 6.26 (ponts mobiles), 6.28 (écluses)
  • VNF, Guide du plaisancier : écluses automatiques et manuelles, ouvrages particuliers

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…