Les rivières navigables sont canalisées : des barrages retiennent l'eau pour garantir le mouillage de chaque bief, et des écluses installées à côté permettent de les franchir. Le barrage est l'ouvrage le plus dangereux de la navigation fluviale : il faut savoir le reconnaître, le fuir et réagir si le moteur lâche à sa hauteur.
Barrage et écluse : l'un retient, l'autre fait passer
Sur une rivière canalisée, le barrage barre le lit naturel ; l'écluse est construite dans une dérivation ou sur un côté. À l'approche d'un bief aval, la rivière continue tout droit vers le barrage tandis que la route navigable oblique vers l'écluse : le courant, lui, va vers le barrage et accélère.
- La signalisation annonce la direction à suivre : panneaux B.1 (flèche), D.1 ou E.1 sur la passe navigable, et A.1, pavillons rouges, feux rouges du côté du barrage.
- Une ligne de flotteurs (bouées rouges ou rouge et blanc, câble) barre souvent l'accès au barrage en amont ; on ne la franchit jamais.
- Sur certaines rivières, un barrage mobile (à aiguilles, à clapets) peut être couché en crue : la navigation passe alors par la passe ouverte, uniquement sur avis du gestionnaire et avec sa signalisation.
En aval d'un barrage
Le pied d'un barrage est aussi dangereux que son amont : rouleau d'eau brassée qui ne porte pas, contre-courants, remous qui aspirent vers la chute, blocs de béton et enrochements. On sort de l'écluse sans s'attarder, on s'éloigne du barrage en suivant le balisage, et on ne pêche pas, ne se baigne pas, ne mouille pas dans cette zone, dont les limites sont affichées sur la rive.
Panne de moteur près d'un ouvrage
La situation redoutée : le moteur s'arrête en amont d'un barrage, et le courant emmène le bateau vers la chute en quelques minutes.
- Mouiller l'ancre immédiatement, avec le maximum de ligne : c'est le frein de secours, et la raison pour laquelle l'ancre est obligatoire en eaux intérieures exposées (dispense seulement pour les bateaux de moins de 250 kg).
- Gilets pour tout l'équipage.
- Alerter : VHF canal 10 ou canal de l'écluse, téléphone de l'écluse, 112 ou 18 avec le point kilométrique ; signaux de détresse si un bateau est en vue.
- Si l'ancre ne tient pas, essayer de gagner la berge à la pagaie ou avec le courant de rive, s'amarrer à tout ce qui tient.
- Ne pas sauter à l'eau : l'eau glacée et le courant sont plus dangereux que le bateau.
Déversoirs, prises d'eau et vannes
Un bief est alimenté et régulé par des ouvrages discrets : déversoirs latéraux qui évacuent le trop-plein, prises d'eau d'usines et de centrales, siphons et vannes d'alimentation, micro-centrales sur les anciens moulins. Tous créent une aspiration en surface ou au fond. Le règlement et les panneaux A.5, A.6 et A.1 en interdisent les abords ; on n'y stationne pas, on ne s'y baigne pas et l'on tient ses enfants loin des grilles et des bords.
Lignes électriques, ponts et câbles
- Le panneau E.2 annonce une ligne électrique aérienne : un mât de voilier ou une antenne qui l'approche suffit à provoquer un arc électrique. On rabat ce qui dépasse et l'on passe au milieu, où la ligne est la plus haute.
- La hauteur libre sous les ponts (C.2) est donnée pour le niveau normal ; en crue, elle diminue d'autant. On compare avec son tirant d'air réel, antenne et bimini compris.
- Les câbles de bacs et de trailles (E.4a) peuvent affleurer : on attend que le bac soit à quai et le câble au fond.