Sur un fleuve à grand gabarit, les écluses et les automoteurs se parlent à la VHF en permanence. Le plaisancier qui en est équipé entre dans ce dialogue et gagne en sécurité ; il doit en connaître les règles, différentes de celles de la mer.
Une VHF différente de la VHF marine
La radiotéléphonie fluviale est régie par un accord européen (l'arrangement de Bâle, RAINWAT). Elle impose :
- l'ATIS (Automatic Transmitter Identification System) : à chaque fin d'émission, le poste envoie automatiquement son identifiant, lié à la licence du bateau ; un poste sans ATIS est interdit en eaux intérieures ;
- une puissance d'émission limitée à 1 W (contre 25 W en mer) sur les canaux de navigation, pour ne pas saturer la rivière ;
- l'interdiction de la veille double (dual watch) et du balayage : on veille un seul canal ;
- l'interdiction du canal 70 (appel sélectif numérique, ASN) et des fonctions de détresse numériques ; le canal 16 n'est pas le canal fluvial.
Une VHF marine ordinaire ne convient donc pas : il faut un poste fluvial ou mixte (avec commutation ATIS et puissance réduite), déclaré à l'ANFR qui délivre la licence de la station et l'identifiant ATIS.
Les canaux
| Canal | Usage |
|---|---|
| 10 | Bateau-bateau : croisements, dépassements, informations nautiques, sécurité |
| 18, 20, 22 | Écluses, ponts mobiles, ports : le canal de chaque ouvrage est indiqué sur les panneaux B.11 et E.23 et dans les guides |
| Autres canaux | Informations nautiques, ports, services, selon la voie et le pays |
Dans la pratique, on veille le canal 10 en navigation, on passe sur le canal de l'écluse à l'approche de l'ouvrage, puis on revient sur le 10. Sur les petits canaux, les écluses sont souvent jointes par téléphone plutôt qu'à la VHF.
Qui peut utiliser la VHF fluviale
- En France, le titulaire du permis plaisance option eaux intérieures (ou du CRR) peut utiliser la VHF fixe du bateau de plaisance : le permis vaut certificat d'opérateur sur le territoire national.
- À l'étranger (Rhin, Belgique, Pays-Bas, Allemagne) et sur la Moselle internationale, le certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR) est exigé.
- La station elle-même doit toujours avoir sa licence ANFR, à bord, avec l'identifiant ATIS.
Parler à la VHF
La procédure est celle de la mer, en plus court :
- Écouter le canal quelques secondes : on n'interrompt pas une conversation.
- Appeler : nom de la station appelée (deux fois au plus), « ici », nom de son bateau, « à vous ». Exemple : « Écluse de Bollène, écluse de Bollène, ici _Libellule_, bateau de plaisance montant, à vous. »
- Dire l'essentiel : position (PK, rive), intention (demande d'éclusage, croisement), taille du bateau si on le demande.
- Terminer : « terminé ». On garde les échanges brefs et courtois ; la VHF n'est pas un téléphone.
Les bateaux de commerce annoncent souvent leur côté de croisement et leurs intentions sur le canal 10 : les écouter renseigne sur ce qui arrive derrière le virage.
La détresse à la VHF
Le message de détresse fluvial se lance sur le canal 10 ou sur le canal de l'écluse la plus proche : « Mayday, Mayday, Mayday, ici (nom du bateau, trois fois) », puis position (voie, PK, rive), nature de la détresse, nombre de personnes, secours demandé, « à vous ». Le 112 par téléphone complète toujours l'appel. « Pan Pan » sert pour une urgence sans danger immédiat (avarie, remorquage), « Sécurité » pour signaler un danger (obstacle, bateau en travers).