Dans un chenal où deux bateaux ne tiennent pas toujours côte à côte, le règlement organise chaque rencontre à l'avance : qui laisse la route, de quel côté on passe, et comment on l'annonce. Le vocabulaire est celui du courant.
Montant et avalant
- L'avalant navigue vers l'aval, dans le sens du courant. Il va vite, s'arrête mal et gouverne difficilement si le courant le pousse.
- Le montant navigue vers l'amont, contre le courant. Il peut s'arrêter en coupant les gaz et manœuvre plus facilement.
Sur un canal sans courant, le sens conventionnel du règlement particulier désigne les montants et les avalants. En tenant compte des circonstances locales, le montant laisse la route à l'avalant : c'est lui qui s'écarte, ralentit ou s'arrête.
Le croisement : bâbord sur bâbord
Le croisement normal se fait bâbord sur bâbord : chaque bateau vient sur sa droite (tribord) et laisse l'autre sur sa gauche. C'est le croisement de la circulation routière en France.
Le règlement prévoit une exception propre aux eaux intérieures. Lorsque la configuration de la voie (courant, hauts-fonds, virage) le rend préférable, le montant peut demander un croisement tribord sur tribord. Il le signale en montrant, sur son tribord :
- de jour, un pavillon bleu clair agité ou déployé, souvent sur un panneau bleu monté sur la timonerie ;
- de nuit, un feu blanc scintillant (pavillon et feu peuvent être combinés).
L'avalant qui accepte montre le même signal et vient sur bâbord. Si l'avalant n'est pas d'accord, il garde sa route et émet au besoin le signal de danger, et le montant doit reprendre un croisement bâbord sur bâbord. Les panneaux B.3a, B.3b, B.4a et B.4b peuvent imposer le côté du chenal à tenir ou à rejoindre ; le panneau A.4 interdit tout croisement et tout dépassement dans un secteur.
Les menues embarcations ne montrent pas le pavillon bleu et ne peuvent pas exiger un côté de croisement : elles passent du côté qui dégage le passage pour les grands bateaux et, entre elles, bâbord sur bâbord.
Le dépassement
Dépasser n'est permis que si le rattrapant s'est assuré que la manœuvre peut se faire sans danger et sans gêner : chenal assez large, pas de bateau venant d'en face, pas de panneau A.2 ou A.4, pas de pont ni d'écluse devant.
- Le dépassement se fait en principe par le bâbord du bateau dépassé (le rattrapant passe à gauche du rattrapé). Il peut se faire par tribord si la place le permet.
- Le bateau rattrapé doit faciliter le dépassement : il réduit sa vitesse et serre le côté opposé.
- Le rattrapant garde une distance suffisante et ne reprend sa route qu'une fois nettement dégagé.
| Signal sonore | Émis par | Sens |
|---|---|---|
| 2 sons prolongés + 2 sons brefs | Rattrapant | « Je veux dépasser par votre bâbord » |
| 2 sons prolongés + 1 son bref | Rattrapant | « Je veux dépasser par votre tribord » |
| 1 son bref | Rattrapé | « D'accord, je viens sur tribord, passez à bâbord » |
| 2 sons brefs | Rattrapé | « D'accord, je viens sur bâbord, passez à tribord » |
| 5 sons brefs | Rattrapé | « Impossible de dépasser », signal de refus |
Entre menues embarcations, ces signaux ne sont pas obligatoires mais restent compris de tous ; face à un bateau de commerce, la menue embarcation ne demande pas à dépasser : elle attend un endroit dégagé et passe largement, à la vitesse autorisée.
Routes qui se croisent
Quand deux bateaux ont des routes qui se coupent (sortie d'un port, traversée d'un fleuve), le bateau qui quitte le chenal principal ou qui le traverse est celui qui s'écarte : il attend de pouvoir le faire sans obliger les autres à changer de route ou de vitesse. Les signaux à émettre sont décrits avec les manœuvres de virage et de traversée.