Une rivière est un milieu vivant : son niveau, son courant et sa couleur changent avec la pluie, la saison et les barrages. Le programme de l'examen demande de connaître ces phénomènes parce qu'ils expliquent la plupart des règles de route et de stationnement.
Le courant
- Le courant est plus rapide au milieu du lit, là où l'eau est profonde, et plus faible près des rives, freiné par les frottements et la végétation.
- Dans un virage, l'eau est projetée vers l'extérieur : c'est là que la rivière creuse et que le chenal passe ; l'intérieur reçoit les dépôts (sable, graviers) et s'ensable en atterrissement. On ne coupe donc jamais un virage à l'intérieur.
- Derrière un épi, une pile de pont ou une île, se forment des contre-courants et des tourbillons qui dévient l'étrave au moment où l'on manœuvre.
- Pour un bateau, le courant s'ajoute (avalant) ou se retranche (montant) à la vitesse : en descendant, on arrive vite et l'on freine mal ; en remontant, on consomme plus et l'on gouverne mieux. À l'approche d'une écluse ou d'un quai, on manœuvre face au courant chaque fois que c'est possible.
Les niveaux : étiage, crue, éclusées
- L'étiage est le niveau le plus bas (fin d'été) : le mouillage garanti peut ne plus être tenu, des hauts-fonds apparaissent, les atterrissements avancent.
- La crue est la montée des eaux après de fortes pluies ou la fonte des neiges. Le gestionnaire publie des cotes de référence : au-delà d'une première cote, la navigation est restreinte (vitesse, menues embarcations interdites) ; au-delà des plus hautes eaux navigables, elle est suspendue par avis à la batellerie. Les barrages mobiles sont couchés, les écluses noyées, les repères disparaissent.
- Les éclusées sont des variations brusques de niveau et de débit en aval d'un barrage ou d'une centrale qui lâche de l'eau (Rhône, Dordogne, Isère) : un bateau échoué sur une grève se retrouve emporté, un bateau amarré court est suspendu. On stationne hors des zones signalées et on allonge les amarres.
Les niveaux se lisent sur les échelles limnimétriques des ponts et des écluses, sur le site Vigicrues et dans les avis à la batellerie du gestionnaire. Avant chaque départ, on vérifie que la voie est ouverte et que la hauteur libre des ponts reste compatible avec son tirant d'air.
Les dangers de la crue pour le plaisancier
- Hauteur sous les ponts réduite d'autant que l'eau monte.
- Flottants (troncs, branches, objets) qui bloquent l'hélice ou percent la coque ; embâcles contre les piles de pont.
- Berges submergées : le lit n'est plus visible, les prairies inondées ne portent pas.
- Courant violent près des ouvrages et dans les passages étroits ; tourbillons sous les ponts.
- Écluses inaccessibles ou garages noyés, bateaux de commerce bloqués.
Un plaisancier n'a rien à faire sur une rivière en crue : on reste amarré en lieu sûr, dans un port ou un canal latéral, amarres allongées et surveillées.
Le temps
- Sur les lacs, les vents thermiques et les coups de vent d'orage lèvent une vague courte dangereuse pour les petits bateaux ; on consulte la météo et l'on connaît les abris (ports, criques) de son parcours.
- Le brouillard de rivière, fréquent en automne et au petit matin, impose de ne pas partir ou de s'arrêter (voir la navigation par temps bouché).
- L'orage : on s'éloigne des arbres isolés et des mâts, on gagne un abri, on ne reste pas au milieu d'un plan d'eau.
- Le vent de travers dans un canal pousse le bateau sur la berge sous le vent ; on anticipe l'approche des écluses et des ponts.
L'eau
L'eau douce est froide, même en été sous la surface : l'hydrocution (choc thermique à l'entrée dans l'eau) et l'hypothermie en moins d'une heure sont réelles. Le courant plaque contre les obstacles (piles, barrages, bateaux amarrés) et les hélices ne voient pas une tête qui dépasse. La baignade est interdite à proximité des écluses, barrages, ponts, ports et dans le chenal des voies à trafic ; ailleurs, elle se pratique dans les zones balisées, sans jamais plonger depuis un pont ou un bateau en marche.