Thème 06 · section 3

Urgences à bord : personne à l'eau, incendie, voie d'eau, avarie

4 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 3 sources officielles citées

Les urgences fluviales ont une particularité rassurante : la rive n'est jamais loin. Elles en ont une autre, inquiétante : le courant continue de porter le bateau pendant que l'équipage s'affaire, souvent vers un pont ou un barrage. Chaque procédure commence donc par maîtriser la dérive.

Personne à l'eau

  1. Crier « Homme à la mer » et désigner quelqu'un qui ne lâche pas la personne des yeux.
  2. Lancer une bouée, un coussin, un gilet ou une ligne, même si la personne nage : le froid et le courant épuisent vite.
  3. Couper les gaz aussitôt pour éloigner l'hélice, puis manœuvrer.
  4. Revenir sur la personne face au courant (en remontant), qui freine le bateau et laisse la personne dériver vers soi ; sur un lac, on approche au vent.
  5. Point mort à l'approche : l'hélice ne tourne plus quand la personne est à moins de quelques mètres.
  6. Remonter la personne par l'échelle ou l'arrière du bateau, en l'aidant avec une amarre passée sous les bras ; une personne lourde et froide ne remonte pas seule.
  7. Réchauffer, surveiller, alerter si elle a bu de l'eau ou perdu connaissance.

Incendie

Le feu à bord vient du moteur (fuite de carburant, surchauffe), de la cuisine (gaz, huile), de l'électricité (batteries, chargeurs) ou d'un chauffage.

  • Couper le moteur, l'arrivée de carburant, le gaz et le circuit électrique.
  • Attaquer le feu à la base avec l'extincteur, par balayage, en gardant une issue derrière soi.
  • Ne pas ouvrir en grand un compartiment moteur en feu : l'air relance les flammes ; on l'entrouvre pour glisser l'extincteur, ou l'on utilise l'orifice prévu.
  • Gilets pour tous, alerte, et si le feu gagne, s'amarrer ou s'échouer à la berge pour évacuer à sec.
  • Pas d'eau sur un feu d'hydrocarbures ou d'électricité.

La prévention compte davantage : ventiler le compartiment moteur avant chaque démarrage (vapeurs d'essence), faire le plein moteur coupé et flammes éteintes, vérifier les tuyaux de gaz et fermer la bouteille après usage, surveiller les chargeurs. Un détecteur de monoxyde de carbone est indispensable dès qu'on dort à bord avec un chauffage ou un groupe.

Voie d'eau

Une coque qui prend l'eau après un choc (pile de pont, rocher, tronc) ou une fuite (passe-coque, arbre d'hélice) :

  1. Assécher : pompe, écope, seau ; une personne pompe, les autres cherchent.
  2. Trouver et colmater : chiffon, coussin, bouchon, tout ce qui ralentit l'entrée d'eau.
  3. Gagner la rive et échouer volontairement le bateau sur une berge douce (sable, herbe), loin des ouvrages : en rivière, cette option est presque toujours disponible et vaut mieux qu'un bateau coulé au milieu du chenal.
  4. Alerter le gestionnaire : un bateau coulé dans le chenal est un obstacle à signaler sans délai, et le règlement en fait une obligation.

Échouement

Toucher le fond en rivière est fréquent et rarement grave :

  • Couper ou mettre au point mort immédiatement : forcer sur l'hélice la casse ou enfouit le bateau ;
  • Alléger l'avant (équipage à l'arrière), pousser à la gaffe ou depuis la berge, tirer à l'amarre ;
  • vérifier la prise d'eau de refroidissement (vase aspirée) avant de redémarrer ;
  • demander un remorquage à un bateau de passage si nécessaire, et s'écarter du chenal.

Avarie de moteur, hélice bloquée

  • Dérive : si le courant porte vers un barrage, un pont ou un bateau, mouiller l'ancre ou s'amarrer à la berge immédiatement ; dans un canal, la gaffe et une amarre suffisent.
  • Hélice bloquée par un cordage ou un sac : moteur coupé, dégager depuis le bord ou, en dernier recours, dans l'eau, bateau amarré et moteur arrêté avec la clé retirée.
  • Surchauffe : couper, laisser refroidir, vérifier la prise d'eau et la courroie.
  • Panne de carburant : la plus bête ; on part toujours avec une marge d'un tiers.

Donner l'alerte

MoyenQui joindre
Téléphone112 (urgences) ou 18 (pompiers), 15 (secours médicaux) ; donner la voie, le PK, la rive
VHFCanal 10 (bateau-bateau et sécurité) ou le canal de l'écluse la plus proche (18, 20, 22 selon la voie)
Écluse ou gestionnaireNuméro affiché sur les ouvrages et dans les guides ; l'éclusier relaie les secours
Signaux de détressePavillon ou feu agités circulairement, fusées rouges, sons prolongés répétés

À retenir

  1. Personne à l'eau : on crie, on lance une bouée, on coupe les gaz, on garde le contact visuel, on revient face au courant, hélice débrayée à l'approche, et l'on remonte par l'arrière ou l'échelle.
  2. Incendie : couper le moteur, le carburant, le gaz et l'électricité ; attaquer à la base avec l'extincteur ; ne jamais ouvrir en grand un compartiment en feu ; s'amarrer ou s'échouer et évacuer si le feu gagne.
  3. Voie d'eau : assécher, chercher et colmater, puis échouer volontairement le bateau sur une berge douce : en rivière, la rive est à quelques mètres.
  4. Avarie de moteur : ancre ou amarrage immédiat si le courant porte vers un ouvrage ; puis alerte à l'écluse ou au gestionnaire.
  5. Alerte : 112 ou 18 par téléphone avec le point kilométrique et la rive ; VHF canal 10 ou canal de l'écluse ; signaux de détresse.
Télécharger la fiche réflexe

Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Règlement général de police de la navigation intérieure (arrêté du 28 juin 2013), articles relatifs aux accidents, à l'assistance et aux signaux de détresse
  • CEVNI, article 1.17 (bateaux échoués ou coulés, obligation d'alerte) et 3.30 (signaux de détresse)
  • Arrêté du 10 février 2016 relatif au matériel d'armement et de sécurité des bateaux de plaisance naviguant en eaux intérieures

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…