Le programme de l'examen cite expressément « le nombre de personnes à bord » parmi les connaissances exigées. Derrière cet item se cachent la plaque du constructeur, la catégorie de conception, la répartition de la charge et, plus largement, tout ce que l'on vérifie avant de larguer les amarres.
Combien de personnes, quelle charge
Tout bateau de plaisance mis sur le marché depuis 1998 porte une plaque constructeur (marquage CE) qui indique :
- la catégorie de conception (A, B, C ou D) ;
- le nombre maximal de personnes ;
- la charge maximale recommandée (personnes, carburant, eau, matériel) ;
- la puissance maximale du moteur.
| Catégorie | Conçue pour | Hauteur de vague | Vent (Beaufort) | En eaux intérieures |
|---|---|---|---|---|
| D | Eaux abritées | Jusqu'à 0,30 m | Jusqu'à force 4 | Canaux, rivières, petits lacs |
| C | Eaux côtières et grands plans d'eau | Jusqu'à 2 m | Jusqu'à force 6 | Grands lacs, fleuves exposés |
| B | Au large | Jusqu'à 4 m | Jusqu'à force 8 | Sans objet |
| A | Haute mer | Au-delà | Au-delà | Sans objet |
Le nombre de personnes s'entend enfants compris : chacun compte pour un et doit avoir son gilet. La charge inclut les pleins et les bagages : un bateau de location chargé pour une semaine à huit personnes approche souvent sa limite. Pour un bateau ancien sans plaque, on raisonne par la flottabilité et le franc-bord : un bateau qui n'a plus que quelques centimètres au-dessus de l'eau embarque la vague du premier automoteur croisé.
Répartir la charge
- Le poids se place bas et au centre : eau et carburant dans les réservoirs prévus, bagages lourds au fond, pas sur le pont ni sur le toit.
- Les personnes sont assises, réparties des deux bords ; personne sur les plats-bords, le balcon avant ou le toit quand le bateau avance, et jamais les jambes pendantes à l'extérieur dans une écluse.
- La vue du barreur reste dégagée vers l'avant et les côtés.
- L'assiette est horizontale : un bateau qui pique du nez gouverne mal, un bateau cul enfoncé ne voit plus devant lui et crée un remous.
Le conducteur
- Il a 16 ans au moins et le titre de conduite requis dès que le moteur dépasse 4,5 kW (6 CV) ; un bateau de location « sans permis » ne dispense pas d'une instruction par le loueur.
- Il est à la barre ou à portée immédiate des commandes et assure la veille.
- Il n'a pas bu : en eaux intérieures, le seuil est celui de la route, 0,5 g/l de sang, et les stupéfiants sont interdits. La fatigue, le soleil et le bruit du moteur altèrent autant les réflexes.
- Il briefe l'équipage : où sont les gilets et l'extincteur, qui fait quoi dans les écluses, les gestes interdits (mains entre coque et mur, sauter sur le quai), comment couper le moteur, comment appeler les secours.
Préparer la navigation
| À vérifier | Où, comment |
|---|---|
| Météo | Météo-France, vigilances vent, orage, brouillard ; plus encore sur les lacs |
| Niveaux et crues | Vigicrues, échelles des écluses, avis du gestionnaire |
| Avis à la batellerie | Chômages, restrictions, horaires modifiés, travaux, manifestations |
| Horaires des écluses | Heures d'ouverture, pauses, jours fériés, délai d'appel des ouvrages à la demande |
| Itinéraire | Nombre d'écluses, dimensions, hauteur des ponts, mouillage, haltes et ports d'arrivée |
| Bateau | Carburant (un tiers de marge), huile, refroidissement, batteries, feux, amarres, défenses |
| Papiers | Titre de conduite, carte de circulation, assurance, vignette ou péage, guide de la voie |
Le calcul du temps est simple : 8 km/h sur un canal, 15 à 20 minutes par écluse quand elle est libre, davantage derrière un bateau de commerce. Une étape de 30 km avec quatre écluses occupe une journée tranquille ; viser le double fait arriver de nuit, écluses fermées. On prévoit toujours une halte de repli avant le soir.