L'épreuve de l'extension hauturière comporte deux questions de cours sur les aides électroniques, formulées ainsi par l'arrêté : en connaître « les usages et les précautions ». Le GPS vient en premier : il est partout, il est précis, et c'est justement pourquoi il faut savoir ce qu'il mesure et ce qu'il ne mesure pas.
Comment ça marche
Un récepteur GNSS (Global Navigation Satellite System) capte les signaux de satellites en orbite, qui émettent l'heure exacte et leur position. En mesurant le temps de propagation de chaque signal, il calcule sa distance à chaque satellite ; avec quatre satellites au moins, il en déduit sa position en trois dimensions et corrige son horloge. Plusieurs constellations coexistent :
| Constellation | Opérateur | Remarque |
|---|---|---|
| GPS | États-Unis | le plus ancien, le nom passé dans le langage courant |
| Galileo | Union européenne | civil, utilisé par tous les récepteurs récents |
| GLONASS | Russie | |
| BeiDou | Chine |
Les récepteurs modernes combinent plusieurs constellations : davantage de satellites, meilleure géométrie, position plus stable. Les corrections SBAS (EGNOS en Europe) ramènent l'erreur à un ou deux mètres.
Ce que le GPS donne
- La position, en latitude et longitude, dans le système WGS 84.
- La route fond (COG, _course over ground_) : la direction réellement suivie par rapport au fond, en degrés vrais par défaut.
- La vitesse fond (SOG, _speed over ground_).
- L'heure UTC, exacte.
- Des fonctions dérivées : waypoint (point de passage), route (suite de waypoints), XTE (écart latéral par rapport à la route prévue), distance et temps jusqu'au prochain waypoint, MOB (homme à la mer : mémorise la position instantanée).
Ce que le GPS ne donne pas
- Le cap : COG est la route fond, pas la direction de l'étrave. À l'arrêt ou au mouillage, le COG n'a aucun sens ; avec un courant de travers, il diffère du cap de plusieurs degrés. Le cap vient du compas.
- La vitesse surface : SOG est la vitesse fond. La vitesse surface vient du loch ; la différence entre les deux est l'effet du courant.
- La sécurité : le GPS dit où l'on est, pas s'il y a de l'eau. Entre deux waypoints, il trace une droite, même à travers une roche.
Les précautions
- Même système géodésique : le récepteur doit être réglé sur le datum de la carte (WGS 84 sur toute carte récente). Sur une carte ancienne en ED 50, l'écart peut atteindre plus de cent mètres ; une note de la carte indique la correction.
- Position ≠ sécurité : avant de valider un waypoint ou une route, vérifier sur la carte que le segment entre deux points est libre de dangers. On ne « navigue pas au waypoint ».
- Indicateurs de qualité : nombre de satellites, HDOP (dilution de précision horizontale), message de perte de signal. Sous un pont, dans un fjord, par antenne masquée ou en cas de brouillage, la position peut être fausse sans que l'écran le crie.
- Alimentation : un GPS fixe meurt avec la batterie du bord ; prévoir un portable ou un téléphone, avec des piles ou une batterie de secours.
- Contrôle croisé : comparer de temps en temps la position GPS à un relèvement, une sonde, un alignement. L'estime et le point à vue restent le filet de sécurité.
- Tenir l'estime : noter position, cap et loch dans le journal de bord à intervalles réguliers ; en cas de panne, on repart du dernier point noté.