Le traceur (ou lecteur de cartes) marie la position GPS et la carte : le bateau apparaît sur l'écran, sa trace derrière lui, sa route devant. Il est devenu l'instrument central du poste de navigation ; l'AIS, qui y superpose les autres navires, en est le compagnon naturel. Deux outils formidables, deux listes de précautions.
Cartes raster et cartes vectorielles
| Type | Ce que c'est | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Raster (RNC) | une image scannée de la carte papier | aspect familier, tout le contenu papier | lourde, illisible en zoom fort, pas d'objets interrogeables |
| Vectorielle (ENC, S-57 / S-101) | une base d'objets (sonde, feu, bouée) dessinés par le logiciel | zoom sans perte, alarmes de sécurité, requêtes (cliquer sur un feu) | aspect variable selon l'affichage, détails masqués selon les réglages |
Les cartes vectorielles officielles s'appellent ENC (_Electronic Navigational Chart_), produites par les services hydrographiques (Shom) ; les éditeurs privés en dérivent des cartes propriétaires. Sur un navire de commerce, l'ECDIS avec ENC officielles remplace le papier ; en plaisance, le traceur ne vaut pas ECDIS et la division 240 continue d'exiger des cartes officielles à jour à bord (papier, ou un second support électronique selon les interprétations : embarquez les deux).
Les précautions du traceur
- Mettre à jour : une carte électronique a une date ; un chenal dragué, une bouée déplacée, un parc éolien construit n'y figurent pas sans mise à jour.
- Respecter l'échelle : le zoom donne l'illusion de la précision. En « sur-échelle » (_overzoom_), le logiciel étire des données levées pour une échelle plus petite ; les sondes manquantes ne signifient pas « profond ». Les traceurs affichent un avertissement : le lire.
- Vérifier les réglages d'affichage : en mode « base » ou « standard », des sondes, des obstructions ou des zones peuvent être masquées. Afficher « tous les objets » quand on navigue près des dangers.
- Le trait du bateau est un GPS : toutes les précautions du GPS s'appliquent (datum, qualité du signal, alimentation).
- Ligne de route ≠ sécurité : la route tracée au doigt doit être vérifiée segment par segment sur la carte, à une échelle suffisante. Activer l'alarme de profondeur et la zone de sécurité quand elles existent.
- Écran et nuit : un écran brillant détruit la vision nocturne ; mode nuit, luminosité au minimum.
L'AIS
Le système d'identification automatique (AIS) émet en VHF, à intervalles réguliers, la position GPS, la route fond, la vitesse, l'identité (nom, MMSI, indicatif) et, pour la classe A, le cap, la vitesse de giration, la destination. Tout récepteur AIS dans la portée VHF (20 à 30 milles) affiche ces navires sur le traceur, avec leur vecteur.
| Classe | Qui | Émission |
|---|---|---|
| A | navires de commerce (SOLAS), obligatoire | 12,5 W, toutes les 2 à 10 s en route |
| B | plaisance, pêche, facultatif | 2 W (ou 5 W en B+), toutes les 30 s |
| Récepteur seul | voit sans être vu | aucune |
Le traceur calcule pour chaque cible le CPA (_closest point of approach_, distance minimale de passage) et le TCPA (temps avant ce passage) : un CPA faible avec un TCPA court est un risque d'abordage. On peut aussi appeler le navire par son nom à la VHF, ce qui est bien plus efficace que « navire à ma droite ».
L'AIS comme aide au sauvetage
Les balises AIS-SART et AIS-MOB émettent une position AIS en détresse, visible sur les traceurs voisins : un équipier tombé à l'eau avec une balise AIS-MOB sur son gilet apparaît sur l'écran du bord en quelques secondes. Ces balises complètent l'EPIRB (fiche « VHF, SMDSM et alerte de détresse au large »).