Thème 04 · section 2

Traceur, cartes électroniques et AIS

3 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 7 questions en fin de section

Mis à jour le · 4 sources officielles citées

Le traceur (ou lecteur de cartes) marie la position GPS et la carte : le bateau apparaît sur l'écran, sa trace derrière lui, sa route devant. Il est devenu l'instrument central du poste de navigation ; l'AIS, qui y superpose les autres navires, en est le compagnon naturel. Deux outils formidables, deux listes de précautions.

Cartes raster et cartes vectorielles

TypeCe que c'estAvantagesLimites
Raster (RNC)une image scannée de la carte papieraspect familier, tout le contenu papierlourde, illisible en zoom fort, pas d'objets interrogeables
Vectorielle (ENC, S-57 / S-101)une base d'objets (sonde, feu, bouée) dessinés par le logicielzoom sans perte, alarmes de sécurité, requêtes (cliquer sur un feu)aspect variable selon l'affichage, détails masqués selon les réglages

Les cartes vectorielles officielles s'appellent ENC (_Electronic Navigational Chart_), produites par les services hydrographiques (Shom) ; les éditeurs privés en dérivent des cartes propriétaires. Sur un navire de commerce, l'ECDIS avec ENC officielles remplace le papier ; en plaisance, le traceur ne vaut pas ECDIS et la division 240 continue d'exiger des cartes officielles à jour à bord (papier, ou un second support électronique selon les interprétations : embarquez les deux).

Les précautions du traceur

  • Mettre à jour : une carte électronique a une date ; un chenal dragué, une bouée déplacée, un parc éolien construit n'y figurent pas sans mise à jour.
  • Respecter l'échelle : le zoom donne l'illusion de la précision. En « sur-échelle » (_overzoom_), le logiciel étire des données levées pour une échelle plus petite ; les sondes manquantes ne signifient pas « profond ». Les traceurs affichent un avertissement : le lire.
  • Vérifier les réglages d'affichage : en mode « base » ou « standard », des sondes, des obstructions ou des zones peuvent être masquées. Afficher « tous les objets » quand on navigue près des dangers.
  • Le trait du bateau est un GPS : toutes les précautions du GPS s'appliquent (datum, qualité du signal, alimentation).
  • Ligne de route ≠ sécurité : la route tracée au doigt doit être vérifiée segment par segment sur la carte, à une échelle suffisante. Activer l'alarme de profondeur et la zone de sécurité quand elles existent.
  • Écran et nuit : un écran brillant détruit la vision nocturne ; mode nuit, luminosité au minimum.

L'AIS

Le système d'identification automatique (AIS) émet en VHF, à intervalles réguliers, la position GPS, la route fond, la vitesse, l'identité (nom, MMSI, indicatif) et, pour la classe A, le cap, la vitesse de giration, la destination. Tout récepteur AIS dans la portée VHF (20 à 30 milles) affiche ces navires sur le traceur, avec leur vecteur.

ClasseQuiÉmission
Anavires de commerce (SOLAS), obligatoire12,5 W, toutes les 2 à 10 s en route
Bplaisance, pêche, facultatif2 W (ou 5 W en B+), toutes les 30 s
Récepteur seulvoit sans être vuaucune

Le traceur calcule pour chaque cible le CPA (_closest point of approach_, distance minimale de passage) et le TCPA (temps avant ce passage) : un CPA faible avec un TCPA court est un risque d'abordage. On peut aussi appeler le navire par son nom à la VHF, ce qui est bien plus efficace que « navire à ma droite ».

L'AIS comme aide au sauvetage

Les balises AIS-SART et AIS-MOB émettent une position AIS en détresse, visible sur les traceurs voisins : un équipier tombé à l'eau avec une balise AIS-MOB sur son gilet apparaît sur l'écran du bord en quelques secondes. Ces balises complètent l'EPIRB (fiche « VHF, SMDSM et alerte de détresse au large »).

À retenir

  1. Le traceur affiche la position GPS sur une carte électronique : raster (image de la carte papier) ou vectorielle (ENC, objets interrogeables).
  2. Une carte électronique se met à jour ; une carte périmée ou un zoom excessif (sur-échelle) donnent une fausse impression de détail.
  3. L'AIS transmet et reçoit position, route, vitesse et identité des navires équipés ; la classe A est obligatoire pour les navires de commerce, la classe B est celle de la plaisance.
  4. L'AIS ne montre que les navires qui émettent : une absence d'écho n'est pas une absence de navire ; le CPA et le TCPA aident à juger un risque d'abordage, sans remplacer la veille.
  5. Un traceur de plaisance n'est pas un ECDIS : il ne dispense pas des cartes papier exigées par la division 240 (ou d'un second système de cartes à jour).
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Shom, Guide du navigateur (cartes électroniques raster et vectorielles, mises à jour)
  • OMI, résolution A.1106(29), Directives révisées pour l'exploitation à bord des systèmes d'identification automatique (AIS)
  • Division 240 (édition du 30 octobre 2024), article 240-2.04 (cartes marines officielles à jour)
  • Arrêté du 28 septembre 2007, article 4 (programme : usages et précautions des aides électroniques)

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

7 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…