Les chiffres semés sur l'eau de la carte sont des sondes : des profondeurs. Mais des profondeurs par rapport à quoi ? La mer monte et descend de plusieurs mètres sur nos côtes ; une sonde n'a de sens qu'avec son niveau de référence. C'est l'une des questions favorites du jury, parce qu'elle commande le calcul de marée.
Lire une sonde
Une sonde s'écrit en mètres, avec les décimètres en petit chiffre inférieur : 12₅ vaut 12,5 m, 3₈ vaut 3,8 m. Au-delà de 20 m, les sondes sont arrondies au mètre (26, 41, 58). La position exacte de la sonde est le centre du nombre.
Une sonde soulignée n'est pas une profondeur mais une hauteur découvrante : 2₃ souligné signifie que ce fond (roche, banc) émerge de 2,3 m au-dessus du zéro des cartes. Il est donc recouvert dès que la hauteur d'eau dépasse 2,3 m, et à sec en dessous.
Le zéro hydrographique
Les sondes sont comptées sous le zéro hydrographique, aussi appelé zéro des cartes. Sur les cartes françaises, il est fixé au voisinage du niveau des plus basses mers astronomiques : le niveau le plus bas que la marée puisse atteindre dans des conditions normales (coefficient 120). Conséquence pratique :
Le zéro hydrographique diffère du zéro terrestre (niveau moyen de la mer à Marseille, référence des altitudes IGN) : les deux ne doivent jamais être mélangés. Les documents du Shom appelés RAM (Références altimétriques maritimes) donnent, port par port, les écarts entre ces niveaux.
Isobathes et teintes
Les isobathes ou lignes de sonde joignent les points de même profondeur : 0 m (trait de côte à basse mer), 2, 5, 10, 20, 50 m… Les zones de faibles fonds sont teintées en bleu de plus en plus soutenu vers la côte ; la zone découvrante (estran) est en vert, la terre en jaune. Un seul coup d'œil situe les eaux profondes et les hauts-fonds.
La nature du fond est indiquée par des abréviations en italique : S sable, M vase, R roche, G gravier, Co corail, Sh coquilles, Wd algues. Elle intéresse le mouillage : le sable et la vase tiennent l'ancre, la roche et les algues la font chasser.
Hauteurs : feux, amers, ponts
À l'inverse des sondes, les hauteurs (altitude d'un feu, d'une tourelle, d'un amer, tirant d'air d'un pont) sont comptées au-dessus du niveau de la pleine mer de vive-eau moyenne. C'est une référence prudente : à toute autre heure, le feu est un peu plus haut au-dessus de l'eau et le pont laisse un peu plus de place. Sur une carte, la hauteur d'un feu se lit dans sa caractéristique (52m dans « Fl(2)W.10s 52m 24M ») ; une hauteur de fond se distingue d'une hauteur par le soulignement.
| Information | Référence | Sens pour le navigateur |
|---|---|---|
| Sonde (12₅) | zéro hydrographique | il y a au moins cette profondeur |
| Hauteur découvrante (2₃ souligné) | zéro hydrographique | émerge de cette hauteur à basse mer |
| Hauteur d'un feu, tirant d'air | pleine mer de vive-eau | il y a au moins cette hauteur libre |