Au large, la marée ne se voit guère ; à l'approche de la côte, elle commande tout : la hauteur d'eau sur une barre, l'heure de passage d'un seuil, la force et le sens du courant dans un raz. L'épreuve hauturière lui consacre une question notée sur quatre points. Avant de calculer, il faut comprendre d'où elle vient et comment elle se répète.
L'attraction de la Lune et du Soleil
La marée est l'oscillation du niveau de la mer provoquée par l'attraction de la Lune et, dans une proportion moitié moindre, du Soleil. La Lune est bien plus petite que le Soleil, mais tellement plus proche que son effet l'emporte. Sous l'action de ces deux astres, la masse d'eau se déforme en deux renflements : l'un du côté de la Lune, l'autre à l'opposé. La Terre tourne sous ces renflements, et chaque point de la côte voit passer alternativement un renflement (pleine mer) et un creux (basse mer).
Un rythme semi-diurne
Sur les côtes françaises de la Manche et de l'Atlantique, la marée est semi-diurne : il y a deux pleines mers et deux basses mers par jour lunaire. Le jour lunaire dure 24 h 50 min (la Lune avance sur son orbite pendant que la Terre tourne), si bien que :
| Grandeur | Valeur approximative |
|---|---|
| Intervalle entre deux pleines mers | 12 h 25 min |
| Durée de la montée ou de la descente | 6 h 12 min environ |
| Décalage de la pleine mer d'un jour à l'autre | 50 min plus tard |
Ces durées sont des moyennes : à Brest la montée et la descente sont presque égales, mais dans la Manche la courbe se déforme (montée plus courte à Saint-Malo, longue tenue du plein au Havre). C'est pourquoi l'examen précise toujours les heures et hauteurs à utiliser, et pourquoi la règle des douzièmes reste une approximation valable là où la courbe est régulière.
En Méditerranée, la marée ne dépasse guère quelques décimètres ; elle est masquée par l'effet du vent et de la pression. L'exercice d'examen porte sur les côtes à marée.
Vives-eaux et mortes-eaux
L'amplitude de la marée varie avec la position relative de la Lune et du Soleil :
| Phase de la Lune | Position des astres | Marée |
|---|---|---|
| Nouvelle lune et pleine lune | Alignés (syzygie) : effets additionnés | Vive-eau : marnage fort |
| Premier et dernier quartier | En quadrature : effets opposés | Morte-eau : marnage faible |
Le passage d'une vive-eau à la suivante prend environ quatorze jours. Sur nos côtes, la plus forte marée ne coïncide pas exactement avec la nouvelle ou la pleine lune : elle arrive un à deux jours plus tard (c'est l'« âge de la marée », voisin de 36 heures en France). Les plus grandes marées de l'année se produisent aux équinoxes (mars et septembre), quand le Soleil est dans le plan de l'équateur.
Le coefficient de marée
Pour résumer d'un seul nombre la force d'une marée, le Shom publie un coefficient, calculé à partir du marnage prévu à Brest et compris entre 20 et 120 :
| Coefficient | Marée |
|---|---|
| 20 | Plus faible marée possible |
| 45 | Morte-eau moyenne |
| 70 | Marée moyenne |
| 95 | Vive-eau moyenne |
| 120 | Plus forte marée possible (équinoxe) |
Le coefficient est le même pour toute la côte française un jour donné : il indique si la marée est forte ou faible, pas la hauteur d'eau dans tel port. Deux ports peuvent avoir, le même jour et le même coefficient, un marnage de 4 m (Brest) et de 12 m (Saint-Malo). Le coefficient sert surtout à interpoler les courants entre les valeurs de vive-eau et de morte-eau des atlas, et à savoir jusqu'où la mer descendra (une roche cotée « découvrante » n'émerge qu'en grande marée).