Un calcul de marée se termine toujours par une comparaison : y a-t-il assez d'eau ? Pour y répondre, il faut connaître les mots et, surtout, savoir par rapport à quel niveau chaque nombre est compté. Les erreurs d'examen viennent rarement de l'arithmétique ; elles viennent d'une hauteur ajoutée là où il fallait la retrancher.
Les mots de la marée
| Terme | Définition |
|---|---|
| Pleine mer (PM) | Niveau le plus haut atteint par la mer au cours d'une marée, et son heure |
| Basse mer (BM) | Niveau le plus bas, et son heure |
| Marnage | Différence de hauteur entre une pleine mer et la basse mer qui la précède ou la suit |
| Hauteur d'eau | Hauteur du niveau de la mer au-dessus du zéro hydrographique, à un instant donné |
| Flot (ou flux) | Période de montée des eaux, de la BM à la PM ; le courant de flot l'accompagne |
| Jusant (ou reflux) | Période de descente, de la PM à la BM ; courant de jusant |
| Étale | Moment, autour de la PM et de la BM, où le niveau varie très peu |
| Renverse | Instant où le courant de marée change de sens (il n'a pas lieu forcément à l'étale de niveau) |
| Heure-marée | Sixième de la durée de la marée (montée ou descente), environ une heure |
Le zéro hydrographique relie la carte et l'annuaire
Les sondes de la carte et les hauteurs de l'annuaire des marées sont comptées à partir du même niveau : le zéro hydrographique, ou zéro des cartes, fixé près du niveau des plus basses mers astronomiques. On peut donc les additionner :
Exemple : une roche cotée 1₂ soulignée (découvrante de 1,2 m) sous une hauteur d'eau de 3 m est recouverte de 3 − 1,2 = 1,8 m. Sous une hauteur d'eau de 0,9 m, elle émerge de 0,3 m.
Tirant d'eau et pied de pilote
Le tirant d'eau est la hauteur de coque immergée, de la flottaison au bas de la quille. Le pied de pilote est la marge de sécurité que le navigateur ajoute pour tenir compte de la houle, de l'imprécision des sondes et de la prédiction, de la surcharge du bateau. Il n'est fixé par aucun texte : 0,5 m par mer calme, 1 m ou plus par houle, est une pratique courante ; l'énoncé d'examen le donne.
La question type « puis-je passer ? » se résout par deux inégalités équivalentes :
| Question | Condition |
|---|---|
| Ai-je assez d'eau à cet instant ? | sonde + hauteur d'eau ≥ tirant d'eau + pied de pilote |
| Quelle hauteur d'eau me faut-il ? | hauteur d'eau nécessaire = tirant d'eau + pied de pilote − sonde |
Exemple : tirant d'eau 1,8 m, pied de pilote 1 m, seuil coté 0₅ (0,5 m) : il faut une hauteur d'eau de 1,8 + 1 − 0,5 = 2,3 m. La fiche « Heure d'une hauteur » montre comment en déduire l'heure de passage.
Les autres niveaux de référence
La carte utilise plusieurs niveaux, et chacun a son usage :
| Niveau | Sert de référence pour |
|---|---|
| Zéro hydrographique (ZH) | Sondes, hauteurs découvrantes, hauteurs de marée |
| Niveau moyen | Études, raccordement au zéro terrestre |
| Pleine mer moyenne de vive-eau (PMVE) | Hauteur des feux, altitude des amers, tirant d'air des ponts et câbles |
Un pont coté « 12 m » laisse donc au moins 12 m à la pleine mer d'une vive-eau moyenne, et davantage le reste du temps. Inversement, un phare de 52 m de hauteur se calcule au-dessus de la PMVE : à basse mer, il domine la mer de quelques mètres de plus, ce qui compte pour la portée géographique.