Thème 02 · section 1

Veille, vitesse de sécurité et risque d'abordage

3 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 2 sources officielles citées

Le RIPAM (Règlement international pour prévenir les abordages en mer) est le code de la route de la mer. Ses règles de barre et de route commencent par quatre obligations qui valent partout, par tous les temps, pour tous les navires : veiller, adapter sa vitesse, reconnaître un risque d'abordage et manœuvrer à temps.

La veille (règle 5)

Tout navire doit assurer en permanence une veille visuelle et auditive appropriée, en utilisant tous les moyens disponibles (vue, ouïe, radar, AIS, VHF). Le but : apprécier pleinement la situation et le risque d'abordage. Sur un bateau de plaisance, cela veut dire regarder autour de soi régulièrement, à 360°, y compris derrière, et ne pas se laisser absorber par l'écran du GPS ou par la conversation.

La vitesse de sécurité (règle 6)

Tout navire doit maintenir une vitesse de sécurité : celle qui lui permet de prendre des mesures efficaces pour éviter un abordage et de s'arrêter sur une distance adaptée aux circonstances. Elle n'est pas chiffrée : elle dépend de la situation.

FacteurEffet sur la vitesse de sécurité
Visibilité réduite (brume, pluie, nuit)Réduire : on doit pouvoir s'arrêter dans la distance de visibilité
Densité du trafic, zone de pêche, de régateRéduire
Manœuvrabilité du navire, distance d'arrêtUn bateau lourd ou lent à réagir ralentit plus tôt
Lumières de la côte qui gênent de nuitRéduire
État de la mer, vent, courant, proximité des dangersRéduire
Profondeur d'eau disponibleRéduire près des hauts-fonds

Dans la bande des 300 mètres, la vitesse est en plus réglementairement limitée à 5 nœuds. Dans les ports et chenaux, des limites locales s'affichent à l'entrée.

Reconnaître un risque d'abordage (règle 7)

Chaque navire doit utiliser tous les moyens disponibles pour déterminer s'il existe un risque d'abordage. En cas de doute, le risque est réputé exister. Le critère le plus simple est le relèvement : on repère l'autre navire par rapport à un point fixe de son propre bateau (un chandelier, un hauban) ou au compas de relèvement.

  • Si le relèvement ne change pas de façon appréciable alors que la distance diminue, les deux routes convergent : il y a risque d'abordage.
  • Si l'autre navire défile nettement vers l'avant ou vers l'arrière, les routes se croiseront à distance.

Un relèvement qui change peu peut quand même cacher un risque, par exemple face à un très gros navire ou à un remorqueur et sa remorque : on garde une marge.

Manœuvrer pour éviter l'abordage (règle 8)

Quand la manœuvre est nécessaire, elle doit être :

  1. Exécutée largement à temps, sans attendre le dernier moment ;
  2. Franche : un changement de cap ou de vitesse assez important pour être vu par l'autre navire, plutôt qu'une série de petites corrections ;
  3. Contrôlée : on surveille son effet jusqu'à ce que l'autre navire soit paré (passé et dégagé) ;
  4. Si nécessaire, ralentir, stopper ou battre en arrière pour laisser le temps d'apprécier la situation.

Un changement de cap seul est souvent la manœuvre la plus visible, à condition qu'il soit fait assez tôt et qu'il n'amène pas vers un autre navire ou un danger.

À qui s'appliquent ces règles

Le RIPAM s'applique à tous les navires, bateaux de plaisance compris, à voile ou à moteur, en haute mer et dans toutes les eaux attenantes accessibles aux navires de mer. Les règles qui suivent (voiliers entre eux, navires à moteur, priorités entre catégories) reposent toutes sur ce socle : veiller, ralentir, repérer, manœuvrer.

À retenir

  1. Règle 5 : une veille visuelle et auditive permanente est obligatoire, par tous les moyens disponibles.
  2. Règle 6 : la vitesse de sécurité est celle qui permet de s'arrêter à temps ; elle dépend de la visibilité, du trafic, de la manœuvrabilité, de la nuit, de l'état de la mer.
  3. Règle 7 : il y a risque d'abordage quand le relèvement au compas d'un navire qui s'approche ne change pas de façon appréciable.
  4. Règle 8 : toute manœuvre pour éviter un abordage doit être franche, faite largement à temps, et contrôlée jusqu'à ce que l'autre navire soit paré.
  5. Le RIPAM s'applique à tous les navires, à voile comme à moteur, en mer et dans les eaux attenantes où les navires de mer peuvent naviguer.
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Sources

  • Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM, COLREG 1972), règles 1 à 8
  • Arrêté du 28 septembre 2007 relatif au permis de conduire des bateaux de plaisance à moteur, programme option côtière

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…