Avec l'ASN, l'alerte de détresse part en une pression et porte d'elle-même qui, où et quoi. Mais le poste ne fait pas tout : il faut savoir ce qu'il envoie, ce qui arrête les répétitions, et quoi dire ensuite sur la voie 16.
Déclencher l'alerte
Deux méthodes :
| Méthode | Geste | Nature transmise |
|---|---|---|
| Alerte rapide | Soulever le capot, appuyer au moins 5 secondes sur la touche rouge DISTRESS | Non précisée (UNDESIGNATED) |
| Alerte détaillée | Menu DISTRESS, choisir la nature dans la liste, valider, puis appuyer sur DISTRESS | Celle choisie |
Les natures de détresse proposées : non précisée, incendie ou explosion, voie d'eau (FLOODING), abordage (COLLISION), échouement (GROUNDING), gîte dangereuse (LISTING), navire qui coule (SINKING), désemparé à la dérive (DISABLED AND ADRIFT), abandon du navire (ABANDONING SHIP), homme à la mer (MAN OVERBOARD), piraterie (PIRACY). Si l'on a quelques secondes, préciser la nature aide les secours ; si l'on n'en a pas, cinq secondes sur le bouton suffisent.
Ce que le poste envoie
L'alerte contient le MMSI du navire, sa position (du GPS) et l'heure UTC de la position, plus la nature de la détresse. Elle est transmise cinq fois de suite sur la voie 70. Puis le poste attend un accusé de réception : s'il n'en reçoit pas, il renouvelle automatiquement l'alerte toutes les quatre minutes environ (3,5 à 4,5 minutes, au hasard), jusqu'à ce qu'un accusé arrive ou que l'opérateur l'annule.
L'accusé de réception
L'accusé de réception (DISTRESS ACKNOWLEDGEMENT) est normalement envoyé par une station côtière, le CROSS, dont le MMSI commence par 00 ; il est adressé à tous les navires (ALL SHIPS), ce qui prévient tout le monde que l'alerte est prise en compte. Sa réception arrête les répétitions du poste en détresse. Les navires de classe A ou B peuvent aussi accuser réception en ASN, mais seulement sur instruction du MRCC ou s'il reste silencieux ; une VHF de classe D n'en est pas capable : elle accuse réception à la voix.
Et ensuite : le MAYDAY en phonie
L'alerte ASN ne dit ni le nombre de personnes, ni ce qu'il faut envoyer. Dès l'alerte partie, le poste passe sur la voie 16 ; le navire en détresse y donne son message, en 25 W :
- « MAYDAY » (une seule fois : l'alerte a déjà prévenu)
- nom du navire, MMSI, indicatif d'appel
- position
- nature de la détresse
- assistance demandée
- nombre de personnes à bord
- autres renseignements utiles
- « À VOUS »
Et l'on écoute : le CROSS répond, pose des questions, dirige les secours.
Quand on reçoit une alerte
Une alerte de détresse ASN reçue fait sonner le poste et affiche le MMSI, la position et la nature. La conduite à tenir, pour une VHF de classe D :
- Arrêter l'alarme (touche CLEAR ou CANCEL : cela n'envoie rien).
- Noter la position et l'heure ; le poste bascule sur la voie 16 : écouter.
- Ne pas accuser réception en ASN : c'est au CROSS de le faire ; un accusé mal placé peut arrêter les répétitions avant que la station côtière ait reçu l'alerte.
- Si la station côtière reste silencieuse et que l'on est en mesure d'aider, accuser réception à la voix sur la 16 (REÇU MAYDAY), prévenir le CROSS par tout moyen et se porter au secours.
- Si aucun accusé n'est entendu dans les cinq minutes, ou si le navire en détresse est hors de portée de la station côtière, relayer : « MAYDAY RELAY » en phonie. Le relais ASN de détresse (DISTRESS RELAY) est réservé aux stations côtières et aux classes A et B, sur demande du MRCC.