Thème 03 · section 4

Fausses alertes et protection des fréquences de détresse

3 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 3 sources officielles citées

Les CROSS traitent chaque année des centaines d'alertes qui ne correspondent à aucune détresse : bouton rouge enfoncé par un enfant, poste mal rangé, essai mal compris. Chacune mobilise des moyens et, surtout, émousse l'attention des sauveteurs. Éviter les fausses alertes et savoir les annuler fait partie du programme.

Prévenir

  • La touche DISTRESS est protégée par un capot et exige un appui prolongé : ne jamais la bloquer ni la contourner.
  • Installer le poste à l'abri des chocs, des sacs et des coudes ; sur une portative, le verrouillage du clavier et la housse limitent les déclenchements dans un sac.
  • Former toutes les personnes qui peuvent approcher le poste, enfants compris : on explique ce qu'est le bouton rouge, et qu'on n'y touche pas.
  • Vérifier le MMSI programmé et la position GPS : une alerte accidentelle bien renseignée est vite annulée ; une alerte sans position ou avec un MMSI étranger au navire crée une recherche inutile.
  • Les balises (EPIRB, PLB) se rangent dans leur support, interrupteur en position ARMÉE ou OFF selon le modèle, jamais à l'eau pour « voir si ça marche ».

Annuler une fausse alerte

Une alerte de détresse partie par erreur n'est pas une faute en soi ; ne pas l'annuler l'est. La procédure, immédiatement :

  1. En ASN, si le poste le permet : fonction d'annulation (CANCEL, « distress cancel »), qui envoie un message d'auto-annulation et arrête les répétitions. Éteindre le poste ne suffit pas : l'alerte a déjà été reçue.
  2. Dans tous les cas, en phonie sur la voie 16, à toutes les stations : « À tous, à tous, à tous, ici (nom du navire, trois fois), (indicatif, une fois), MMSI (si l'alerte était ASN), annulez mon alerte de détresse du (date) à (heure UTC). Ici (nom), terminé. »
  3. Répondre au CROSS s'il appelle, et lui confirmer que tout va bien à bord.

Pour une balise déclenchée par erreur : l'éteindre, puis prévenir le CROSS (196 ou voie 16) en donnant le MMSI ou le code hexadécimal de la balise : le FMCC a déjà reçu l'alerte.

Protéger les fréquences de détresse

Les voies 16 et 70 sont les plus précieuses du bord. Pour qu'elles restent utilisables :

  • cesser d'émettre dès qu'on entend un trafic de détresse, et écouter ;
  • limiter les émissions sur la 16 au strict nécessaire, une minute au plus, et dégager ;
  • ne pas utiliser les voies de garde 75 et 76, qui encadrent la 16 ;
  • manier les voies 10 et 11, voisines de la 70, avec précaution pour ne pas la brouiller ;
  • jamais de phonie sur la 70, dont le récepteur ASN veille en silence.

Les essais

Avant tout essai : écouter la fréquence et s'assurer qu'aucun trafic de détresse ni de sécurité n'est en cours. Puis émettre en puissance réduite, le plus brièvement possible, en annonçant l'essai. Pas d'essai sur les fréquences de détresse en dehors des procédures prévues. Pour l'ASN : la fonction de test interne, ou un appel de routine individuel vers une station côtière ou un navire qui l'accepte ; jamais la touche rouge.

Brouillages et sanctions

Toute émission susceptible de gêner le trafic de détresse, d'urgence ou de sécurité constitue un brouillage préjudiciable, interdit par le Règlement des radiocommunications. L'usage abusif des fréquences de détresse, les fausses alertes et les émissions sans licence relèvent du code des postes et des communications électroniques et du code pénal : amendes, confiscation du matériel, voire emprisonnement pour les cas les plus graves.

À retenir

  1. Prévenir : touche DISTRESS sous capot, installation à l'abri des chocs et des enfants, équipage formé ; le MMSI et le GPS vérifiés pour que l'alerte, si elle part, soit juste.
  2. Une alerte de détresse envoyée par erreur s'annule immédiatement : en ASN si le poste le permet (fonction CANCEL), et dans tous les cas en phonie sur la voie 16, à tous : nom du navire trois fois, indicatif une fois, MMSI, « annulez mon alerte de détresse du (date) à (heure UTC) ».
  3. Dès qu'on entend un trafic de détresse, on cesse d'émettre et on écoute ; les émissions sur la 16 ne dépassent pas une minute ; les voies de garde 75 et 76 ne s'utilisent pas ; prudence sur les voies 10 et 11 voisines de la 70.
  4. Les essais se font après écoute de la fréquence, en puissance réduite et au plus court, jamais sur les fréquences de détresse en dehors des procédures ; pour l'ASN, test interne ou appel de routine individuel.
  5. Toute émission qui brouille la détresse, l'urgence ou la sécurité est un brouillage préjudiciable ; les fausses alertes, volontaires ou par négligence, exposent leur auteur à des poursuites.
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Agence nationale des fréquences (ANFR), Manuel de préparation du CRR maritime, édition de juin 2025 (V16), chapitre 3 C (protection des fréquences de détresse)
  • UIT, Règlement des radiocommunications, article 15 (brouillages) et article 31 (fréquences de détresse)
  • OMI, résolution A.814(19) (directives pour éviter les fausses alertes de détresse)

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…