Les CROSS traitent chaque année des centaines d'alertes qui ne correspondent à aucune détresse : bouton rouge enfoncé par un enfant, poste mal rangé, essai mal compris. Chacune mobilise des moyens et, surtout, émousse l'attention des sauveteurs. Éviter les fausses alertes et savoir les annuler fait partie du programme.
Prévenir
- La touche DISTRESS est protégée par un capot et exige un appui prolongé : ne jamais la bloquer ni la contourner.
- Installer le poste à l'abri des chocs, des sacs et des coudes ; sur une portative, le verrouillage du clavier et la housse limitent les déclenchements dans un sac.
- Former toutes les personnes qui peuvent approcher le poste, enfants compris : on explique ce qu'est le bouton rouge, et qu'on n'y touche pas.
- Vérifier le MMSI programmé et la position GPS : une alerte accidentelle bien renseignée est vite annulée ; une alerte sans position ou avec un MMSI étranger au navire crée une recherche inutile.
- Les balises (EPIRB, PLB) se rangent dans leur support, interrupteur en position ARMÉE ou OFF selon le modèle, jamais à l'eau pour « voir si ça marche ».
Annuler une fausse alerte
Une alerte de détresse partie par erreur n'est pas une faute en soi ; ne pas l'annuler l'est. La procédure, immédiatement :
- En ASN, si le poste le permet : fonction d'annulation (CANCEL, « distress cancel »), qui envoie un message d'auto-annulation et arrête les répétitions. Éteindre le poste ne suffit pas : l'alerte a déjà été reçue.
- Dans tous les cas, en phonie sur la voie 16, à toutes les stations : « À tous, à tous, à tous, ici (nom du navire, trois fois), (indicatif, une fois), MMSI (si l'alerte était ASN), annulez mon alerte de détresse du (date) à (heure UTC). Ici (nom), terminé. »
- Répondre au CROSS s'il appelle, et lui confirmer que tout va bien à bord.
Pour une balise déclenchée par erreur : l'éteindre, puis prévenir le CROSS (196 ou voie 16) en donnant le MMSI ou le code hexadécimal de la balise : le FMCC a déjà reçu l'alerte.
Protéger les fréquences de détresse
Les voies 16 et 70 sont les plus précieuses du bord. Pour qu'elles restent utilisables :
- cesser d'émettre dès qu'on entend un trafic de détresse, et écouter ;
- limiter les émissions sur la 16 au strict nécessaire, une minute au plus, et dégager ;
- ne pas utiliser les voies de garde 75 et 76, qui encadrent la 16 ;
- manier les voies 10 et 11, voisines de la 70, avec précaution pour ne pas la brouiller ;
- jamais de phonie sur la 70, dont le récepteur ASN veille en silence.
Les essais
Avant tout essai : écouter la fréquence et s'assurer qu'aucun trafic de détresse ni de sécurité n'est en cours. Puis émettre en puissance réduite, le plus brièvement possible, en annonçant l'essai. Pas d'essai sur les fréquences de détresse en dehors des procédures prévues. Pour l'ASN : la fonction de test interne, ou un appel de routine individuel vers une station côtière ou un navire qui l'accepte ; jamais la touche rouge.
Brouillages et sanctions
Toute émission susceptible de gêner le trafic de détresse, d'urgence ou de sécurité constitue un brouillage préjudiciable, interdit par le Règlement des radiocommunications. L'usage abusif des fréquences de détresse, les fausses alertes et les émissions sans licence relèvent du code des postes et des communications électroniques et du code pénal : amendes, confiscation du matériel, voire emprisonnement pour les cas les plus graves.