Jusqu'aux années 1990, un navire en détresse dépendait d'un opérateur radio qui veillait et d'une oreille qui l'entendait. Le SMDSM (système mondial de détresse et de sécurité en mer, GMDSS en anglais) a remplacé cette veille humaine par des alertes automatiques qui atteignent la terre quoi qu'il arrive. La VHF ASN du plaisancier en est la brique la plus répandue.
Le principe
Le SMDSM repose sur une idée simple : un navire en détresse doit pouvoir alerter la terre par au moins deux moyens distincts et indépendants, et les secours doivent pouvoir alerter les navires à proximité. Le système est obligatoire pour les navires soumis à SOLAS ; les plaisanciers en bénéficient à travers l'ASN, les balises et le NAVTEX.
Les neuf fonctions
| N° | Fonction |
|---|---|
| 1 | Émettre des alertes de détresse navire-terre par au moins deux moyens indépendants |
| 2 | Recevoir des alertes de détresse terre-navire |
| 3 | Émettre et recevoir des alertes de détresse navire-navire |
| 4 | Émettre et recevoir des communications de coordination SAR |
| 5 | Émettre et recevoir des communications sur site (sur les lieux du sinistre) |
| 6 | Émettre et recevoir des signaux de repérage (localisation des survivants) |
| 7 | Émettre et recevoir des renseignements sur la sécurité maritime (RSM) |
| 8 | Émettre et recevoir des communications d'ordre général |
| 9 | Émettre et recevoir des communications de passerelle à passerelle |
Les zones
L'équipement exigé d'un navire dépend de la zone où il navigue, définie par la couverture des stations côtières et des satellites :
| Zone | Couverture | Distance des côtes |
|---|---|---|
| A1 | Au moins une station côtière VHF avec ASN en veille permanente | 20 à 30 milles en métropole |
| A2 | Au moins une station côtière MF avec ASN, hors A1 | 150 à 300 milles |
| A3 | Couverture d'un satellite géostationnaire Inmarsat, hors A1 et A2 | Entre 76° N et 76° S |
| A4 | Hors A1, A2 et A3 : régions polaires | Couverture HF et Cospas-Sarsat |
Le plaisancier côtier navigue en zone A1 : sa VHF ASN le relie directement au CROSS. Au-delà, la VHF ne porte plus, et c'est la balise Cospas-Sarsat qui assure l'alerte.
Les sous-systèmes
- La radiotéléphonie (VHF, MF, HF) : les appels et le trafic de détresse et de sécurité en phonie ;
- l'appel sélectif numérique (ASN, sur VHF, MF et HF) : l'alerte de détresse automatique ;
- la télégraphie à impression directe (IDBE, en MF et HF) : trafic de détresse et diffusion des RSM ; le NAVTEX en fait partie ;
- Inmarsat : les services par satellite géostationnaire (zone A3) ;
- Cospas-Sarsat : l'alerte et la localisation par radiobalise, dans toutes les zones ;
- le répondeur radar (SART) : la localisation des embarcations de sauvetage par les radars des secours.
L'utilisation des équipements MF, HF et Inmarsat ne figure pas au programme du CRR.
Cospas-Sarsat en quatre étapes
Le système satellitaire Cospas-Sarsat écoute en permanence la fréquence 406 MHz des balises de détresse (EPIRB, PLB) ; la fréquence 121,5 MHz sert au radiorepérage final par les aéronefs et les navires de secours.
- Déclenchement de la balise (manuel ou automatique).
- Réception par les satellites géostationnaires (GEO) et défilants en orbite basse (LEO), complétés par la constellation MEO.
- Transmission au centre de contrôle de mission français, le FMCC de Toulouse.
- Affectation de la détresse au CROSS compétent, qui déclenche les secours.