Thème 02 · section 4

La détresse en phonie : MAYDAY

4 min de lecture · 5 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 2 sources officielles citées

Le message de détresse est la raison d'être de la VHF à bord. Il doit sortir complet, dans le bon ordre et sans hésitation, le jour où l'on est trempé, dans le noir, avec le bateau qui gîte. On l'apprend donc par cœur.

Qu'est-ce qu'une détresse

Une détresse est une situation de danger grave et imminent pour un navire ou une personne, qui exige une assistance immédiate : voie d'eau importante, incendie, échouement sur une côte exposée, chavirage, homme à la mer, naufrage. Une panne de moteur par beau temps près d'un port n'est pas une détresse : c'est, au plus, une urgence (PAN PAN). En revanche, on n'attend pas que la situation devienne désespérée pour lancer MAYDAY : plus l'alerte part tôt, plus les secours ont de chances.

L'appel de détresse

Sur la voie 16, en puissance maximale, après avoir lancé l'alerte ASN si le poste en est équipé :

  1. « MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY »
  2. « ICI »
  3. nom du navire, trois fois
  4. indicatif d'appel, épelé une fois

Le message de détresse

Immédiatement après l'appel, dans cet ordre :

ÉlémentExemple
« MAYDAY », nom et indicatif, une fois« Mayday, Libellule, Foxtrot Golf Alfa Bravo »
Position« Position deux milles dans le sud-ouest de la pointe de Penmarc'h » ou latitude et longitude
Nature de la détresse« Voie d'eau importante, nous coulons »
Assistance demandée« Demandons assistance immédiate »
Nombre de personnes à bord« Quatre personnes à bord »
Intentions« Nous abandonnons le navire dans le radeau »
Renseignements utiles« Voilier coque blanche, dix mètres, feux à main »
« À VOUS »

La position vient en premier parce que c'est l'information qui compte le plus : si l'émission est coupée, les secours savent où chercher. Le message est répété tant qu'aucune réponse n'est reçue, puis on écoute.

L'accusé de réception

Normalement, c'est le CROSS (station côtière) qui accuse réception et prend la direction des secours. Si la station côtière reste silencieuse, tout navire qui a entendu le message doit accuser réception :

  1. « MAYDAY » (une fois)
  2. nom et indicatif du navire en détresse, une fois
  3. « ICI »
  4. nom et indicatif du navire qui répond, une fois
  5. « REÇU MAYDAY »
  6. les renseignements utiles : sa position, le temps pour arriver, ce qu'il peut faire

Le navire qui a accusé réception se porte au secours si possible et informe le CROSS par tout moyen.

Le relais de détresse : MAYDAY RELAY

On relaie une détresse dont on a connaissance quand le navire en détresse ne peut pas émettre lui-même, quand on constate qu'aucun accusé de réception n'a suivi son appel dans les cinq minutes, ou quand la station côtière est hors de portée du navire en détresse mais pas de la nôtre. Le relais ne se fait pas en répétant « MAYDAY » : on dirait que c'est nous qui coulons.

  1. « MAYDAY RELAY », trois fois
  2. « À TOUS » (ou le nom de la station côtière), trois fois
  3. « ICI », nom du navire relayant, trois fois, et son indicatif, une fois
  4. « MAYDAY », puis le nom et l'indicatif du navire en détresse
  5. la répétition des éléments de son message (position, nature, personnes à bord…)

Le silence radio et la fin de la détresse

Le centre qui coordonne les secours (le CROSS, une station côtière ou l'unité qu'il désigne) dirige le trafic de détresse. Il peut imposer le silence à tous sur la voie : « SILENCE MAYDAY » (en anglais « seelonce Mayday »). Toute station qui n'est pas concernée cesse alors d'émettre et reste à l'écoute, même sans injonction : c'est la règle dès qu'on entend une détresse. Quand le trafic de détresse est terminé, le même centre annonce « SILENCE FINI » (« seelonce feenee ») : la voie redevient disponible.

À retenir

  1. Détresse : danger grave et imminent pour le navire ou une personne, exigeant une assistance immédiate (voie d'eau importante, incendie, échouement grave, homme à la mer, naufrage).
  2. Appel de détresse sur la voie 16 en 25 W : MAYDAY trois fois, ICI, nom du navire trois fois, indicatif épelé une fois. Puis le message : MAYDAY, nom et indicatif une fois, position, nature de la détresse, assistance demandée, nombre de personnes à bord, intentions, renseignements utiles, À VOUS.
  3. Le message est répété tant que personne ne répond. Un navire qui l'entend accuse réception si la station côtière reste silencieuse : MAYDAY, nom du navire en détresse, ICI, son propre nom, REÇU MAYDAY, puis ce qu'il peut faire.
  4. MAYDAY RELAY (trois fois) sert à relayer la détresse d'un autre navire qui ne peut émettre ou qui n'a reçu aucun accusé de réception dans les cinq minutes.
  5. Le centre qui dirige les secours peut imposer le silence par SILENCE MAYDAY et le lever par SILENCE FINI ; toute station qui entend une détresse cesse d'émettre et écoute.
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Agence nationale des fréquences (ANFR), Manuel de préparation du CRR maritime, édition de juin 2025 (V16), chapitre 2 B.2 (communications de détresse)
  • UIT, Règlement des radiocommunications, article 32 (procédures de détresse)

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…