Le message de détresse est la raison d'être de la VHF à bord. Il doit sortir complet, dans le bon ordre et sans hésitation, le jour où l'on est trempé, dans le noir, avec le bateau qui gîte. On l'apprend donc par cœur.
Qu'est-ce qu'une détresse
Une détresse est une situation de danger grave et imminent pour un navire ou une personne, qui exige une assistance immédiate : voie d'eau importante, incendie, échouement sur une côte exposée, chavirage, homme à la mer, naufrage. Une panne de moteur par beau temps près d'un port n'est pas une détresse : c'est, au plus, une urgence (PAN PAN). En revanche, on n'attend pas que la situation devienne désespérée pour lancer MAYDAY : plus l'alerte part tôt, plus les secours ont de chances.
L'appel de détresse
Sur la voie 16, en puissance maximale, après avoir lancé l'alerte ASN si le poste en est équipé :
- « MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY »
- « ICI »
- nom du navire, trois fois
- indicatif d'appel, épelé une fois
Le message de détresse
Immédiatement après l'appel, dans cet ordre :
| Élément | Exemple |
|---|---|
| « MAYDAY », nom et indicatif, une fois | « Mayday, Libellule, Foxtrot Golf Alfa Bravo » |
| Position | « Position deux milles dans le sud-ouest de la pointe de Penmarc'h » ou latitude et longitude |
| Nature de la détresse | « Voie d'eau importante, nous coulons » |
| Assistance demandée | « Demandons assistance immédiate » |
| Nombre de personnes à bord | « Quatre personnes à bord » |
| Intentions | « Nous abandonnons le navire dans le radeau » |
| Renseignements utiles | « Voilier coque blanche, dix mètres, feux à main » |
| « À VOUS » |
La position vient en premier parce que c'est l'information qui compte le plus : si l'émission est coupée, les secours savent où chercher. Le message est répété tant qu'aucune réponse n'est reçue, puis on écoute.
L'accusé de réception
Normalement, c'est le CROSS (station côtière) qui accuse réception et prend la direction des secours. Si la station côtière reste silencieuse, tout navire qui a entendu le message doit accuser réception :
- « MAYDAY » (une fois)
- nom et indicatif du navire en détresse, une fois
- « ICI »
- nom et indicatif du navire qui répond, une fois
- « REÇU MAYDAY »
- les renseignements utiles : sa position, le temps pour arriver, ce qu'il peut faire
Le navire qui a accusé réception se porte au secours si possible et informe le CROSS par tout moyen.
Le relais de détresse : MAYDAY RELAY
On relaie une détresse dont on a connaissance quand le navire en détresse ne peut pas émettre lui-même, quand on constate qu'aucun accusé de réception n'a suivi son appel dans les cinq minutes, ou quand la station côtière est hors de portée du navire en détresse mais pas de la nôtre. Le relais ne se fait pas en répétant « MAYDAY » : on dirait que c'est nous qui coulons.
- « MAYDAY RELAY », trois fois
- « À TOUS » (ou le nom de la station côtière), trois fois
- « ICI », nom du navire relayant, trois fois, et son indicatif, une fois
- « MAYDAY », puis le nom et l'indicatif du navire en détresse
- la répétition des éléments de son message (position, nature, personnes à bord…)
Le silence radio et la fin de la détresse
Le centre qui coordonne les secours (le CROSS, une station côtière ou l'unité qu'il désigne) dirige le trafic de détresse. Il peut imposer le silence à tous sur la voie : « SILENCE MAYDAY » (en anglais « seelonce Mayday »). Toute station qui n'est pas concernée cesse alors d'émettre et reste à l'écoute, même sans injonction : c'est la règle dès qu'on entend une détresse. Quand le trafic de détresse est terminé, le même centre annonce « SILENCE FINI » (« seelonce feenee ») : la voie redevient disponible.