Thème 02 · section 2

Les règles d'exploitation

3 min de lecture · 6 points à retenir · quiz de 10 questions en fin de section

Mis à jour le · 3 sources officielles citées

La VHF est un espace partagé : une seule personne peut parler à la fois sur une voie, et tous ceux qui sont à portée entendent. Les règles d'exploitation visent une chose : que la voie reste libre pour celui qui en a le plus besoin.

Avant d'appuyer sur l'alternat

  1. Écouter quelques secondes : la voie est-elle libre ? Un trafic de détresse est-il en cours ? Dans ce cas, on n'émet pas et on reste à l'écoute.
  2. Vérifier la voie affichée et la puissance (1 W suffit au port et à courte distance).
  3. Préparer ce que l'on va dire : qui j'appelle, qui je suis, ce que je veux.
  4. Appuyer sur l'alternat, attendre une seconde avant de parler (le début de la phrase serait coupé), parler lentement et distinctement, micro à quelques centimètres de la bouche, puis relâcher.

La veille de la voie 16

En navigation, la station de navire veille la voie 16 : c'est là qu'arrivent les appels, les alertes et les annonces de sécurité des CROSS. Les émissions sur la 16 sont réduites au minimum : on y appelle, on y alerte, et l'on dégage aussitôt le trafic de routine sur une voie de travail. Une émission sur la 16 ne dépasse pas une minute.

Les voies 75 et 76, immédiatement voisines de la 16, sont des voies de garde : elles ne s'utilisent pas, pour que rien ne vienne brouiller la voie de détresse. Les voies 10 et 11, voisines de la 70, s'emploient avec précaution.

S'identifier et parler

  • On s'identifie par le nom du navire, par l'indicatif d'appel, ou par les deux ; dans une détresse, l'indicatif est épelé.
  • Le nom de la station appelée est prononcé d'abord, puis « ici » et le nom de l'appelant : celui qui écoute sait tout de suite si c'est pour lui.
  • On parle clairement, en phrases courtes, avec les mots de procédure et l'alphabet phonétique pour tout ce qui peut prêter à confusion.
  • La langue : le français avec les stations françaises ; l'anglais est la langue usuelle des opérateurs et s'impose avec un navire étranger.
  • Pas de bavardage, pas de propos déplacés, pas de musique : les fréquences sont réservées aux communications nécessaires à la navigation et à la sécurité.

Les essais

Tester son poste est légitime, mais :

  • sur la voie 16, en puissance réduite, avec le minimum d'émissions, en précisant qu'il s'agit d'un essai : « Ici Libellule, essai radio, me recevez-vous ? » ;
  • jamais de phonie sur la voie 70 : pour tester l'ASN, on utilise la fonction de test interne du poste ou un appel de routine individuel vers une station côtière qui le propose ;
  • de préférence avec un correspondant identifié (le port, un navire ami) sur une voie de travail, plutôt qu'en appelant « à tous ».

Les interdictions

  • Émettre sans licence ou avec un matériel non conforme ;
  • toute émission susceptible de brouiller la détresse, l'urgence ou la sécurité (voies 16 et 70) ;
  • les fausses alertes et les signaux de détresse sans détresse réelle : leurs auteurs, volontaires ou négligents, s'exposent à des poursuites ;
  • divulguer ou exploiter une communication entendue (secret des correspondances) ;
  • les essais sur les fréquences de détresse en dehors des procédures prévues.

À retenir

  1. Écouter avant d'émettre : s'assurer que la voie est libre et qu'aucun trafic de détresse n'est en cours ; dès qu'on entend une détresse, on cesse d'émettre et on écoute.
  2. Veiller la voie 16 en navigation ; n'y faire que des émissions brèves, d'une minute au plus, et dégager le trafic sur une voie de travail.
  3. S'identifier par le nom du navire, l'indicatif d'appel ou les deux ; parler clairement, lentement, sans jargon, en épelant ce qui peut être mal compris.
  4. Les essais se font sur la voie 16 à puissance réduite, le plus brièvement possible ; jamais d'essai en phonie sur la voie 70, qui n'accepte que l'ASN.
  5. Les voies de garde 75 et 76 ne s'utilisent pas ; les voies 10 et 11 demandent de la prudence pour ne pas brouiller la 70 ; le secret des correspondances s'impose à tous.
  6. Toute émission susceptible de brouiller la détresse, l'urgence ou la sécurité est interdite ; une fausse alerte, volontaire ou par négligence, expose à des poursuites.
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Une page A4, à garder au fond du ciré.

Sources

  • Agence nationale des fréquences (ANFR), Manuel de préparation du CRR maritime, édition de juin 2025 (V16), chapitre 2 B.1 et chapitre 3 C
  • UIT, Règlement des radiocommunications, article 15 (brouillages) et article 31 (fréquences du SMDSM)
  • Code des postes et des communications électroniques, article L.39-1

Contenu rédigé à partir des textes officiels puis relu ; il ne remplace ni les textes en vigueur ni la formation en bateau-école.

Quiz de fin de section

10 questions sur ce que vous venez de lire. À partir de 80 %, la section est acquise.

On tire les questions…