À 40 milles au large, le téléphone portable ne passe plus et aucun autre bateau n'est forcément en vue. Les moyens d'alerte deviennent la VHF (jusqu'à l'horizon radio), la radiobalise (partout, par satellite) et les signaux pyrotechniques (pour être vu de près). Le programme hauturier vérifie que l'on sait lequel utiliser et comment.
Les moyens d'alerte et leur portée
| Moyen | Portée | Obligatoire à partir de |
|---|---|---|
| VHF fixe ASN (25 W) | 20 à 30 milles vers une station côtière ; moins entre bateaux | Semi-hauturier (6 milles) |
| VHF portative étanche | Quelques milles | Hauturier (60 milles) |
| RLS / EPIRB 406 MHz | Mondiale (satellites Cospas-Sarsat) | Hauturier (60 milles) |
| PLB (balise personnelle) | Mondiale | Recommandée |
| Feux rouges à main | Quelques milles, de nuit | Côtier (6 milles) |
| Fusées à parachute, fumigènes | 20 à 30 milles la nuit pour la fusée ; fumigène de jour | Non obligatoires, recommandés |
| Communication par satellite | Mondiale | Recommandée en hauturier |
Les stations côtières des CROSS veillent le canal 16 et l'ASN ; leur couverture VHF s'étend à une trentaine de milles des côtes. Au-delà, seule la radiobalise (ou un terminal satellite) alerte la terre à coup sûr ; la VHF reste utile pour appeler les navires voisins.
Détresse, urgence, sécurité
| Niveau | Mot de procédure | Situation | Exemples |
|---|---|---|---|
| Détresse | MAYDAY | Danger grave et imminent, assistance immédiate nécessaire | Voie d'eau importante, incendie, homme à la mer, naufrage |
| Urgence | PAN PAN | Message très urgent concernant la sécurité du navire ou d'une personne, sans danger imminent | Moteur en panne au large, blessé grave, démâtage sans voie d'eau |
| Sécurité | SÉCURITÉ | Avertissement de navigation ou météo | Épave dérivante, BMS |
L'appel de détresse en phonie
Sur le canal 16, à 25 W :
- MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY, ICI, nom du navire trois fois, indicatif d'appel une fois.
- MAYDAY, nom et indicatif une fois.
- Position : latitude et longitude lues sur le GPS, ou relèvement et distance d'un amer.
- Nature de la détresse et assistance demandée.
- Nombre de personnes à bord, intentions, renseignements utiles (couleur de la coque, radeau).
- À VOUS, puis écouter ; répéter si personne ne répond.
L'alerte ASN (appel sélectif numérique) s'envoie en maintenant la touche DISTRESS enfoncée cinq secondes : la VHF transmet sur le canal 70 le MMSI, la position GPS et l'heure à tous les navires et stations à portée, puis bascule sur le canal 16 pour la phonie. Le message vocal complète toujours l'alerte ASN.
La radiobalise de localisation des sinistres
La RLS (EPIRB) émet sur 406 MHz vers les satellites Cospas-Sarsat son identifiant codé (lié au MMSI du navire) et sa position GPS, plus un signal de radiorepérage sur 121,5 MHz pour le guidage final des secours. L'alerte parvient au centre de contrôle de mission de Toulouse, puis au CROSS. Caractéristiques à connaître :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Déclenchement | Manuel, ou automatique par immersion (largueur hydrostatique) pour les balises de navire |
| Autonomie | 48 heures au moins |
| Batterie | À remplacer tous les 5 ans environ (date sur la balise) |
| Codage | Par un professionnel, inscrit sur la licence de station de navire |
| Test | Fonction de test intégrée, sans émission d'alerte |
La PLB (balise personnelle) fonctionne sur les mêmes fréquences ; portée sur le gilet, elle localise une personne tombée à la mer. Une PLB maritime peut être inscrite sur la licence du navire. Les balises AIS MOB signalent la personne à l'eau aux navires proches sur les voies AIS, sans passer par les satellites.
Les autres signaux de détresse (RIPAM, annexe IV)
Fusée rouge à parachute ou feu rouge à main, fumigène orange, bras levés et abaissés lentement, pavillons N sur C, signal SOS (trois courts, trois longs, trois courts) par tout moyen, coup de canon ou détonation à intervalles d'une minute, flammes à bord, et bien sûr MAYDAY ou l'alerte ASN. Ces signaux ne doivent jamais être utilisés hors détresse.
Fausses alertes et fin de détresse
Une alerte ASN déclenchée par erreur s'annule aussitôt : couper la transmission si la VHF le permet, puis sur le canal 16 : « À toutes les stations (trois fois), ICI nom du navire, MMSI, position, annulez mon alerte de détresse du (heure UTC) ». Une balise déclenchée par erreur se coupe et le CROSS est prévenu par VHF ou par téléphone (196 depuis un mobile en France). Ne pas annuler mobilise des moyens pour rien et expose à des poursuites.